Les liminaires de Solidaires Finances Publiques, FO, CGT et CFDT-CFTC replacent d’abord ce conseil de promotion et donc notre formation initiale dans le contexte de profonde remise en cause de la DGFiP et de la Fonction publique. Ensuite, sont soulevés différents points et des interrogations sont posées sur la scolarité et ses prochaines étapes à l’ENFiP et le devenir administratif des stagiaires.

 

 

 

Liminaire

Nous tenons ce conseil de promotion dans un contexte particulier pour la DGFiP et pour la fonction publique. Aujourd'hui, l'objectif des pouvoirs publics est simple : externaliser, privatiser et abandonner des missions, supprimer des emplois, réduire par quatre le nombre des implantations, limiter l'accueil du public aux contacts dématérialisés, abattre notre statut, détruire le service public, mettre à mal l’égalité de traitement des citoyens. Face à cela, nous mettrons toute notre détermination pour empêcher la destruction de notre administration et préserver notre avenir personnel et professionnel., celui du service public et de la Fonction publique.

Dans ce tourbillon permanent, l'Enfip n'est pas en reste et n'assure pas vraiment une formation dans sérénité pour les stagiaires.

1/ La partie socle

Le ressenti des inspecteurs stagiaires annoncé de 82 % à Clermont-Ferrand et 96 % à Noisiel n'est pas du tout représentatif de ce que vivent les collègues. On peut en effet se poser la question de la pertinence de ce taux de satisfaction sachant qu'il inclue les appréciations jusqu'à « passable ».

2/ Les évaluations

Ces dernières ont lieu trop tard pour pouvoir se situer et savoir sur quel point demander un soutien. De plus, Solidaires Finances Publiques dénonce le fait que chaque correction contient une erreur et que la qualité et le temps alloué à la correction en cours ne permet pas d'en retirer une plus-value.

Concernant ces évaluations, les inspecteurs stagiaires en ressortent avec un sentiment de frustration.

3/ La formation

Les stagiaires font état de la densité des cours, et d’une progression pédagogique qui est perfectible. En effet, les cours sont actuellement dispensés en blocs ce qui nuit à la bonne transmission des connaissances. Cette mauvaise répartition des cours rend difficile l'appropriation des notions lors des exercices de synthèse.

Les inspecteurs stagiaires ont une impression de bourrage de crâne car beaucoup trop de notions nouvelles ont été abordées durant la période janvier-mars, contrairement à la partie socle.

Enfin, SFP reconnaît que les chargés d’enseignements ont souvent un talent pédagogique supérieur au fascicule, et insiste toujours sur le fait que les fiches ou les aides mémoires sont un vrai plus qu’il faut renforcer. De plus, Solidaires Finances Publiques estime toujours nécessaire que les reformulations doivent se dérouler en présence d’un autre enseignant que celui habituel dans le groupe.

Chaque bloc fonctionnel rencontre ses propres difficultés que nous développeront lors du débat.

4/ Formation probatoire des stagiaires

A un mois du stage très peu d'informations ont été transmises sur le déroulement de ce dernier. Certains collègues risquent de perdre au 1er septembre 2019 leur lieu d'affectation et la spécialité sur laquelle ils auront été formés au gré de la mutation locale.

Pour les collègues qui vont être affecté en RH, en PELP, en Amendes ou en Domaine, qu'est-il prévu pour former les collègues ?

De même nous condamnons le refus fait à des parents célibataires d'effectuer leur stage près de leur lieu de formation.

 

5/ Recrutement en Centrale et DNS

La règle que ce soit pour les collègues de Noisiel et de Clermont-Ferrand est de réaliser les entretiens en visio, il est malheureux de constater que cela n'a pas été respecté. Solidaires Finances Publiques souligne le manque d'équité entre les inspecteurs stagiaires.

 

Comme cela vous l'avait été dit lors du premier conseil de promotion, le mardi après-midi libéré dans l'emploi du temps manque. En effet, c'est lors du bloc fonctionnel que la formation se densifie, que le travail autonome est incontournable à la bonne assimilation des connaissances et qu'il faut faire les recherches de logement.

Compte rendu

Michel Ramir, directeur de la formation, évacue le contexte au prétexte que d’autres instances traitent de ces sujets. Sans croire, évidemment, qu’il puisse avoir la main sur des sujets Fonction publique ou qui touchent l’organisation de la globalité de la DGFiP, il est dommage de ne pas pouvoir échanger sur ce qui pèse, dans quelque sens que ce soit, sur le devenir de la formation initiale de la DGFiP.

Par ailleurs, nous, représentants des stagiaires, serions extrêmement exigeants, parfois impertinents, voire particulièrement désobligeants pour les équipes de l'ENFiP qui travaillent depuis plus de deux ans à réaliser une formation de qualité. Pour ce qui est de Solidaires Finances Publiques, et notre liminaire le prouve, nous faisons nettement la différence entre la critique des règles de travail et celle des équipes qui les mettent en œuvre.

Règles d’affectation

Nous soulevons d’une part, le problème de connaissance très tardive de l’affectation en Centrale ou en DNS qui conditionnera le stage probatoire et d’autre part, la volonté affichée de certaines directions territoriales de ne pas laisser les stagiaires sur leur poste de stage et possiblement pas dans leur spécialisation.
La réponse est claire : les règles RH ne dépendent pas de l’ENFiP et ne la concernent pas.
Concernant les affectations en Centrale ou en DNS, M. Ramir est conscient de l’impact sur les stagiaires d’un calendrier trop tardif, gênant également nos actuelles directions d’affectation qui ne savent pas non plus si des stagiaires vont arriver ou pas. Mais, nous dit-il, on nous assure que cela se passera mieux l’année prochaine...
Quant au poste de titularisation, à partir du 1er septembre, l’ENFiP n’aura plus la main et les stagiaires seront dans celle du nouveau directeur (sic !). Personne au sein de l'ENFiP n'a donc la possibilité de leur garantir une affectation au sein de la spécialité. Madame Fabrègues (adjointe du directeur de la formation) rappelle que le stagiaire, une fois titularisé, doit servir à sa direction. Mais celle-ci a tout intérêt à nous garder au sein de notre spécialité pour capitaliser sur la formation suivie.
Affaire à suivre donc, car effectivement les directions feront ce qu'elles veulent. Il sera d’autant plus important de ne pas rester seul face à des situations qui peuvent être délicates.
À propos des entretiens pour postuler en Centrale ou en DNS, il y a une iniquité de fait entre Noisieliens et Clermontois quant à la possibilité d’avoir un entretien physique. Certains stagiaires de Clermont-Ferrand ont été contraints de venir à Paris, en se faisant ponctionner un jour d’absence.
L’ENFiP insiste auprès des bureaux de Centrale et des DNS pour que les entretiens se déroulent en visio-conférence, en principe en dehors des horaires de cours. Dans le cas contraire, Monsieur Fachan (directeur de l’établissement de Noisiel) rappelle qu’il ne faut pas hésiter à contacter la direction de l'établissement de formation afin qu'elle rappelle la règle et trouve une solution avec le bureau concerné.

Stage probatoire

A un mois et demi de notre stage, nous attendons toujours des informations sur celui-ci.
L’ENFiP et le bureau RH-1C préparent une note qui définira les conditions de notre stage probatoire (rôle du chef de service, du tuteur...). L'administration nous indique que Monsieur Marin (chef du bureau RH-1C) comprend la frustration des directions mais la note n'est pour l'instant pas prête et il considère qu'il n'y a pas d’urgence (pour lui, les directions sont en avance de phase).
Malgré tout, quelques informations ont été données sur le stage. Le chef de service aura des grilles d'évaluation à servir concernant les gestes métiers et les illustrations de l'acquisition des dits gestes métiers et du niveau d'acquisition de ces derniers. Le stage durera 2 mois et demi, avec à la mi-juin, un rapport intermédiaire et un rapport définitif mi-juillet. Le chef de service fera remonter les informations et les acquis le cas échéant. Lors du rapport intermédiaire, il sera possible et voulu de remettre le stagiaire sur le droit chemin afin qu'il réponde aux attentes du chef de service.
Toujours sous gestion ENFiP, le stage probatoire se passera avec un enseignant référent. Idéalement, ce dernier devrait connaître le stagiaire. À tout le moins, il devra enseigner le métier de référence.
Le régime horaire pendant le stage sera le régime des horaires variables en vigueur dans la direction.
Pour les agents qui seront affectés dans les métiers non concernés par la formation initiale, ils seront évalués pour ce qu'ils auront appris en formation et un parcours complémentaire est prévu pour eux afin qu'ils prennent en main leur premier métier. Une formation pour les stagiaires affectés en trésorerie amendes est prévue sur Bercy pendant la scolarité. Les autres métiers sont concernés par le passeport de formation après le 1er septembre (cf infra).
Des stagiaires (parents célibataires) ont demandé à faire leur stage proche de leur établissement ENFiP afin que leur enfant ne change d’école en fin d’année scolaire.
A part quelques cas très particuliers, l’ENFiP n’a pas fait suite à ces demandes. Pour Monsieur Ramir, il faut prendre sur soi de s'organiser pour faire le stage dans le lieu qui a été défini sans quoi il ne serait pas possible de valider les unités de compétences. La finalité de la formation est que le stage probatoire soit fait sur le poste d'affectation.

Validation de la scolarité

Pour valider la formation, il faut 10 UC, celle de comportement/implication au même titre que les autres. L'UC de comportement n'est pas obligatoire, si elle n'est pas validée, la formation peut l’être malgré tout.
Un passeport de formation complétera pour les spécialités la formation initiale. Ces formations professionnelles s’effectueront après le 1er septembre. Des actions de formation seront proposées pour les UC non validées. Le relevé de notes ne sera cependant pas transmis au chef de service afin de garder un esprit de neutralité.

Évaluation de la partie socle

Les documents fournis pour ce conseil de promotion font état d’un taux de satisfaction de 89 % de la part des stagiaires. L’ENFiP l’obtient en agrégeant les mentions passables à assez bien, satisfaisant et très satisfaisant.
Pour Monsieur Ramir, passable dans le langage courant, c'est correct et cela correspond à 10. Si on ne doit pas retenir passable comme satisfaisant, devait-on aussi ne pas titulariser vos anciens camarades qui avaient la moyenne l'année dernière ?
Au-delà de la polémique sur les termes et la fabrication de statistiques, Solidaires Finances Publiques indique sa circonspection quant aux évaluations, leurs conditions et le fait que pour chacun, les termes n’ont pas toujours exactement le même sens. Même en allant dans le détail (organisation matérielle, matières/enseignement, outils et méthodes pédagogiques…), l’ENFiP en s’attachant aux pourcentages fait plus preuve d’un exercice d’auto-congratulation que d’un bilan véritablement qualitatif. Le hic est que l’on retrouve ces évaluations dans les documents du GT Formation de demain comme appui, notamment, à la réforme de la formation initiale des B.
Monsieur Ramir rend hommage aux enseignants, à leur travail, leurs compétences, leur implication, à l'effort qui a été le leur et qui a été fait pour la refonte de la scolarité. Nous le rejoignons sur ce point.

Blocs fonctionnels

Encore plus qu’en socle, les stagiaires font état de cours trop denses, souvent mal calibrés et que la succession en « blocs » de matière rend indigestes.
Pour la direction de l’ENFiP, si les données nouvelles sont si nombreuses en bloc fonctionnel et si la formation est à ce point dense, c'est normal et c'est le but : vous faites une formation professionnelle !
Solidaires Finances Publiques demande à panacher les blocs de matières afin de ne pas user les collègues en formation et les formateurs. La direction en a bien conscience et précise qu'il en sera tenu compte. Également, nous demandons de vraies respirations permettant reformulation et assimilation.
Nous demandons aussi plus d'évaluations (qui peuvent être auto-correctives) et plus tôt pour pouvoir se situer et demander un soutien sur un point précis. Madame Fabrègues nous rappelle que l'objectif n'est pas les évaluations mais bien l'acquisition des gestes métiers. Il sera néanmoins apporté une amélioration sur ce point.
Autre problème évident depuis janvier, les livrables sont transmis quelques jours avant le cours. Les formateurs pour qui il ne s'agit pas du cœur de métier sont mis en difficulté. Les stagiaires en pâtissent aussi car il s'agit d'un cours qui est en fait une lecture sans addition de plus-value.
Monsieur Ramir nous dit qu'il faut être tolérant et que c'est un grief qui est clairement lié aux contraintes de la mise en place de la formation rénovée. Monsieur Fachan précise que l'établissement de Noisiel savait que des formateurs devraient enseigner sur des matières qu'ils ne maîtrisaient pas et avait proposé un dispositif afin de pallier une absence de compétence (trouver d'autres enseignants ou conférenciers pour faire un transfert de compétence). Entre la 2ème et 18ème semaine à Noisiel, il y a eu 15 % d'apport extérieur sur toutes les heures d'enseignement.
Concernant la GF, à Noisiel les formateurs ne maîtrisent pas la matière MEDOC et les stagiaires sont inquiets. Monsieur Fachan a identifié le problème et l'a fait remonter au siège. Ils seront très attentifs à la façon dont les stagiaires répondront aux évaluations pour éviter de les pénaliser.
Au mois de mai, des ressourcements sont prévus afin d'envoyer les formateurs dans le réseau et pallier les absences de compétences.
Monsieur Ramir rappelle que les enseignants sont pleinement associés à la formation rénovée et que quand nous émettons des critiques, ce sont eux que nous accablons alors qu'ils font un très gros travail. Nous ne saurions trop lui rappeler que, pour nous, ce n’est certainement pas en opposant faussement des catégories de travailleurs que l’on fera avancer les choses et que l‘on défend l’amélioration des conditions de travail de toutes et tous !
À notre interrogation quant aux durées des spécialisations, l’on nous répond qu’elles ne sont pas les mêmes en termes de volume horaire car les métiers de la DGFiP ne recouvrent pas tous les mêmes besoins techniques.
Enfin, les cours en amphi seront limités au maximum selon le nombre d'enseignants disponibles. Détail pratique : un devis est fait pour pallier le problème de batterie des ordinateurs sur une journée en amphi.

Questions pratiques

Solidaires Finances Publiques demande s'il serait envisageable de décaler la dernière semaine de juillet à la mi-mai afin de laisser du temps aux stagiaires pour déménager. Pour Monsieur Ramir, cela est peu probable, peu envisageable pour cette scolarité trop engagée. Le problème ne se posera plus pour la scolarité prochaine car le calendrier de mutation des DNS et de la Centrale sera modifié et la publication du mouvement interviendra plus tôt.
Autre question de Solidaires Finances Publiques : quid des frais de déménagements en double en 3 mois entre le stage et l'affectation au 1er septembre ? Le deuxième déménagement sera-t-il financé par la nouvelle direction le cas échéant ?
Après avoir trouvé la question pertinente, Monsieur Ramir et Madame Fabrègues s’engagent à répondre hors séance.
Au sujet de l’indemnité de scolarité, la note à recevoir en précisera le taux pour les stagiaires rejoignant pendant le stage leur lieu de résidence.

 

En conclusion, nous reprendrons les mots que nous avions déjà eus au mois de décembre lors du premier conseil de promo. L’ENFiP n’est pas une simple parenthèse dans la carrière comme la formation n’est pas un temps à part et délié de l’environnement DGFiP. Les problématiques du travail ne peuvent se limiter à un seul aspect et tout doit donc être pris en compte dans la réalisation du travail.
Quant à Monsieur Ramir, il nous demande de garder à l'esprit les efforts fournis et qualifie la refonte de la scolarité de « gros coup de collier à marche forcée ». Ceci explique, on le savait, bien des difficultés et limites. Cela les légitime-t-elles pour autant ?