Après les nombreux vols des données de l’État ces derniers mois, une offensive politique sans précédent a été lancée contre les administrations et leurs agentes et agents, prétendument laxistes en matière de cybersécurité. Mais ce sont les mêmes intervenants qui votent, année après année, des budgets toujours plus austéritaires. Solidaires Finances Publiques dénonce cette instrumentalisation politique qui affecte l’ensemble des personnels de la DGFiP et alimente le « fonctionnaire bashing ».
Dans les mesures de la feuille de route des efforts prioritaires en matière de sécurité numérique de l’État 2026-2027, il y a celle de déployer une authentification multi-facteur des utilisateurs sur l’ensemble des systèmes d’information (SI) de l’État, avant le 28 février 2028. Pour les SI à enjeux dont font partie la DGFiP et ses 94 000 agents, cette action est même imposée avant le 28 février 2027.
Les recommandations de l’ANSSI pour notre administration (certification ANSSI-CSPN-2021/18) imposent, en la matière, l’acquisition de clés USB dont le coût unitaire est de l’ordre de 60€. Pour un déploiement un tant soit peu ambitieux (réserve de 30 % couvrant le renouvellement et le doublement des habilitations critiques), l’acquisition de ce matériel représenterait une enveloppe de plus de 7 M€. Auxquels il faudrait ajouter au minimum 4 M€ pour le déploiement (intégration, logistique, support, plateforme d’orchestration).
Soit une enveloppe totale estimée à plus de 11 M€, c’est à dire (déjà) plus de 5 % de l’enveloppe de 200 M€ dédiée à la mise en œuvre de ce plan et ce uniquement pour une brique de l’infrastructure de la seule DGFiP. En comparaison, le budget annuel alloué à la cybersécurité est de 18 M€ pour la DGFiP. Sans décision d’abondement budgétaire, c’est une dépense qui ne peut clairement pas être engagée sans mettre en péril d’autres éléments de la chaîne de sécurité.
Si évidemment la question de la gouvernance et des priorités dans les investissements se pose, les personnels de la DGFiP ne sont pas dupes : les choix stratégiques de la DGFiP dépendent avant tout de décisions politiques, notamment celles qui sont prises dans le cadre des budgets. Et là, clairement, le compte n’y est pas !
Notre organisation syndicale constate avec colère que les intervenants politiques autoproclamés experts en gouvernance informatique et en cybersécurité, buvant de l’authentification multi-facteur à chaque petit déjeuner, sont aussi celles et ceux qui ont rejeté des recettes supplémentaires dans le budget de l’État lors du Projet de Loi de Finances 2026 (comme la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises), affichant de fait un double discours pour servir leur agenda. Solidaires Finances Publiques dénonce et ne cessera de dénoncer cette hypocrisie !
Le sujet des moyens, tout comme ceux du pouvoir d’achat (gel du point d’indice, suspension de la GIPA, jour de carence, baisse de l’indemnisation du congé maladie), de la dégradation des conditions de travail et de la destruction des services publics, seront au cœur des revendications lors de la journée de grève de la fonction publique du 29 septembre 2026 à laquelle Solidaires Finances Publiques participera, pour la défense du service public, de ses agentes et de ses agents.