Chaque année, l’administration tente de retenir quelques indicateurs en hausse pour présenter l’Observatoire interne sous un jour favorable. Pourtant, derrière les éléments de langage et les communications rassurantes, les résultats 2026 dressent un constat sans appel : les agentes et les agents continuent de payer le prix des restructurations permanentes, des suppressions d’emplois et de l’obsession budgétaire.
D’ailleurs en 2025 et 2026, les multiples suicides et tentatives de suicide - partie émergée de l’iceberg de la souffrance au travail - montrent que tout ne va pas bien à la DGFiP !
Et cette année encore, ils l’ont dit en nombre : 51 785 collègues ont répondu à l’enquête, soit 55 % de participation, mais bémol habituel sans distinction des grades ou à minima des cadres C, B et A.
Néanmoins, la parole des agents est claire. Reste à savoir si la Direction générale est prête à l’entendre. Rien n'est moins sûr !
Dans son rapport d’activité 2025, la DGFiP affirme vouloir « entretenir la force du collectif » et met en avant la vigilance accrue portée aux situations de détresse au travail. À première vue, le constat semble lucide : l’administration reconnaît l’existence d’« événements graves », évoque les risques psychosociaux et insiste sur la nécessité d’un climat de confiance.
Mais derrière cette communication institutionnelle soigneusement calibrée, une question demeure : pourquoi les agentes et les agents vont-ils si mal ?
En cette journée mondiale de la santé et la sécurité au travail, nous venons d'apprendre le suicide d'une nouvelle collègue. A ce jour, nous déplorons pour 2026, 12 tentatives de suicides et 2 suicides. Pour nous, ces chiffres ne sont pas des statistiques froides. Derrière, il y a nos collègues, des familles endeuillées et parfois aussi nos amis.
Que ce soit à la SNCF, aux Finances Publiques, à l’Éducation Nationale, à la Poste ou à Orange, les suicides et tentatives de suicide sont de plus en plus nombreux. Même si nous savons que ces drames sont multifactoriels, ils ne peuvent être déconnectés du contexte professionnel. Nous refusons comme le font nos directions et administrations de renvoyer la responsabilité sur les collègues eux-mêmes, évitant ainsi de questionner l’organisation du travail et les conditions de travail dégradées qu’elles leur imposent.