Comme chaque année dans son dernier rapport d’activité , la DGFiP consacre une partie à se féliciter des évolutions en cours sur nos « métiers » quand Solidaires Finances Publiques considèrent, qu’année après année, l’administration met tout en œuvre pour détruire nos missions de service public et les conditions de travail des agents et des agentes qui les exercent.
Ainsi le contrôle fiscal est vu majoritairement sous l’angle des apports du développement de l’intelligence artificielle dont nous savons à quel point il participe à la perte d’autonomie des agents et agentes en charge de la programmation des dossiers à contrôler.
Si le travail avec différents partenaires (URSSAF, international) est louable et important pour mieux lutter contre la fraude, nous déplorons la casse de nombreux liens qui existaient entre les services de la DGFiP. Faute de temps et de personnels, les agents et agentes de la sphère contrôle fiscal, pressés par les objectifs et les indicateurs à tenir ont en effet de moins en moins d’interactions avec les services de notre administration, et les chaînes de travail sont cassées.
Dans son bilan, la DGFiP vante aussi « L’évolution de l’environnement fiscal des professionnels, dont le service des impôts des entreprises (SIE) est l’interlocuteur du quotidien». Ce qu’elle oublie de dire, c’est que depuis quelques années, il n’est plus le seul interlocuteur du quotidien ! Et oui, les missions dans ce secteur ont aussi été démantelées !
Les impôts et l’accompagnement de la majorité des entreprises est géré par trois types de services dont deux ne sont généralement pas du tout présents sur le même territoire : les SIE, les antennes extra-départementales et les Centres de Contact.
Et si le bilan de l’activité des 10 centres de contact est positif, c’est parce que les agents et les agentes qui y travaillent ont un sacré sens du service public. Sur le terrain, les besoins en formation restent très prégnants, les temps documentaires ne sont pas toujours respectés, la charge de travail est importante. Côté conditions de travail, pas mieux : les casques téléphoniques restent encore peu performants, le bandeau Bali sur les postes de travail sert encore à « fliquer » les agents et les agentes de certains centres, et les audiogrammes de prise de postes ne sont pas toujours réalisés.
La couverture de l’ensemble du territoire avec la création de 4 nouveaux centres à l’automne 2026 se fait au prix d’un transfert d’emploi des SIE qui devront gérer dans quelques semaines la facturation électronique avec des postes en moins. Rien que ça ! Mais qu’importe puisque la DG n’a pas un mot dans son bilan pour les agents et les agentes qui vont accompagner les entreprises lors de « cette réforme majeure » qui va entraîner deux à trois milliards de factures électroniques échangées quand le système sera mis en place, pas un mot pour celles et ceux qui seront en première ligne dans les centres de contacts des professionnels et dans les SIE.
Concernant la gestion de l’immobilier de l’État et les services des Domaines, alors que le Sénat, après l’Assemblée nationale, vient d’adopter la création d’une foncière interministérielle immobilière, Solidaires Finances Publiques s’inquiète du devenir des agents et des agentes qui exercent des missions dans les services de gestion domaniale. Au delà de la problématique d’avoir une structure qui va gérer du patrimoine public avec des outils du privé, le manque de transparence de notre administration, et en l’absence d’informations, de nombreuses questions demeurent : quid du maintien de ces services au sein de la DGFiP ? Des transferts d’emplois sont-ils prévus ? Au niveau de la foncière ? De la DIE ? Comment seront gérés les transferts de biens ?
Sur les amendes, la DGFiP vante un renforcement du taux de recouvrement.
Certes, mais au prix d’une charge de travail qui explose, d’une finalité totalement escamotée et d’un service public extrêmement dégradé, générant une forte incompréhension. Par ailleurs, stats pour stats, le montant moyen de recouvrement par saisie administrative à tiers détenteur (SATD) s’est, lui, écroulé… Plus dans le champ de la gestion publique sans vraiment faire partie de la gestion fiscale, la mission amende, sans réel pilotage, navigue à vue.
Dans la sphère du secteur public local (SPL), le compte fiscal unique (CFU), bien que présentant des avantages réels, est uniquement présenté comme « simplifiant les processus ».
Ses inconvénients sont totalement occultés, comme l’étirement considérable du calendrier de production des comptes, certaines grosses collectivités finissant de compléter leurs états annexés en mai voire en juin. Tout ceci génère des opérations particulièrement chronophages, au gré des validations, re-validations. De plus, les contrôles automatisés de concordance ne sont encore que partiels… La terre ferme n’est pas encore en vue !
Les engagements partenariaux sont également portés aux nues, alors que, la plupart du temps, ils n’ont pour unique but d’afficher une jolie photo sur Ulysse, les équipes n’étant même pas informées. Et après la photo, on range tranquillement ça dans un tiroir. Une communication qui frise le grotesque !
Quant à l’arrivée des factures SPL et Hospitalières sur « Mon Espace Finances Publiques », le déploiement est arrivé beaucoup trop tôt, avec des équipes d’accueil non sensibilisées, des erreurs d'homonymies et d'amalgames. Pour les usagers, pas de formulaire dédié aux factures locales, et des difficultés de différenciation entre ce qui est déjà payé et ce qui ne l'est pas.
Ensuite, pas un mot sur la facturation électronique des entités publiques, complètement ignorées par la DG, dont une large partie ne sera pas prête au 01/09/2026. A croire qu’elles ne sont pas concernées… et pourtant si !
Enfin, rien non plus, évidemment, sur la catastrophe industrielle HELIOS…
Sans entrer dans les détails, c’est bien l’ensemble de la sphère gestion publique qui travaille « en mode dégradé ».
Enfin, si l’accueil multicanal est soit disant plébiscité, il est en réalité imposé aux usagers. En effet, depuis de nombreuses années, la volonté de la DGFiP est de « désintoxiquer les usagers du guichet ». C’est ce qu’elle a fait dans un premier temps avec la réforme du Nouveau Réseau de Proximité qui a permis à l’administration de fermer plusieurs centaines de sites sur tout le territoire éloignant ainsi les usagers de leur service public de proximité. Afin de répondre aux sollicitations des usagers, la DGFiP a mis en place plusieurs solutions pour absorber une partie des questions que les contribuables posaient habituellement aux guichets des Centres des Finances Publiques, comme les Centres de Contacts des particuliers, les messageries sécurisées, les e-contacts, un tchat.
Pour la directrice générale, la DGFiP est « une administration qui compte par l’engagement de ses agents », une réalité, mais jusqu’à quand ? Les nombreuses réorganisations, les suppressions de postes subies depuis des années, les évolutions technologiques sans aucune concertation avec les agents et les agentes font perdre le sens du travail et dégradent fortement les conditions de travail des personnels de la DGFiP. Ces éléments sont totalement ignorés par l’administration dans ce document. Pour Solidaires Finances Publiques il est plus que temps que la DG réalise que son bilan est catastrophique !