La Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) traverse une période de tensions majeures, notamment sur le volet informatique. Solidaires Finances Publiques tire régulièrement la sonnette d'alarme sur les dysfonctionnements persistants et les risques croissants liés à certaines obsolescences.
Le rapport de la Cour des Comptes de 2023 avait déjà pointé des lacunes dans la gestion des services informatiques de la DGFiP, mettant en lumière une importante dette technologique découlant du manque de moyens budgétaires alloués. Trois ans plus tard, Solidaires Finances Publiques constate que malgré ses alertes répétées, peu de progrès ont été réalisés. Trop peu d’évolutions, notamment en termes de redondance des applications structurantes de la DGFiP. Les agents ne voient pas d'améliorations concrètes et les moyens alloués, qu’ils soient financiers ou humains restent insuffisants pour faire face aux enjeux de cybersécurité et de modernisation.
Depuis plusieurs mois, les incidents techniques, les fuites de données se sont multipliés au sein des administrations publiques, et la DGFiP n'y échappe pas (Portail de Direction de l’Immobilier de l’État, FICOBA, Hélios). Solidaires Finances Publiques alerte régulièrement la Direction Générale que la sécurité des données doit être une priorité. Le contexte international actuel conforte nos interventions auprès de la direction des Services de l’Information, sur la nécessité pour la DGFiP de rester souveraine de son informatique et de ces applications. Pour cela, il faut des moyens humains, financiers et matériels à la hauteur des enjeux.
Les fragilités de l'informatique à la DGFiP sont multiples : sécurité des données, infrastructures vieillissantes, dialogue social défaillant et gestion des ressources humaines en crise. Solidaires Finances Publiques appelle à une prise de conscience urgente de la Direction générale, pour éviter que la situation ne s'aggrave davantage au risque de voir ses missions essentielles compromises
L'introduction de l'intelligence artificielle (IA) dans les missions de la DGFiP soulève de nombreuses questions sur son impact réel sur l’exercice des missions, les conditions de travail.
Dans les services informatiques, la direction des Services de l’Information expérimente l’aide au codage par l’intelligence artificielle. Ces technologies sont utilisées par « les géants de la tech » pour produire du code automatiquement. Des agents IA construisent et rédigent du code en quasi autonomie à partir de spécifications données dans une interface de conversation. Même si le code est de moindre qualité en matière de sécurité et d’optimisation, il est produit très rapidement. Cette utilisation de l’IA sert de prétexte à des licenciements massifs d’informaticien.e.s dans un mouvement que l’on dénomme désormais « l’IA Washing ». La DGFIP ne doit pas céder à ces chimères au risque de se trouver dépossédée de sa souveraineté, de ses données et du savoir faire reconnu de son personnel informatique.
Solidaires Finances Publiques n’est pas technophobe, mais tient à mettre en garde contre une modernisation à marche forcée sans recul technologique suffisant, sans concertation ni accompagnement des agents. Les mutations informatiques, souvent imposées sans préparation, génèrent du stress et de l'insécurité parmi les personnels. L’informatique de la DGFiIP doit rester solide et raisonnée pour permettre aux agentes et agentse.s de rendre un service public de qualité aux usagerss et contribuables.