Très régulièrement, les organisations syndicales de la Fonction Publique sont amenées à échanger téléphoniquement avec Olivier Dussopt, secrétaire d’État en charge de la Fonction Publique. A la lecture du compte rendu de la conférence téléphonique du 29 avril rédigé par nos représentants et après avoir fait un point détaillé de celle-ci avec eux, un sujet a contribué à faire bouillir notre adrénaline ! Nous vous le démasquons !

Cela concerne la fourniture de masques aux agent•es de la Fonction Publique. Pour le secrétaire d'Etat, le versant hospitalier s'organise seul ! Très bien, mais alors comment interprète-t'il les inquiétudes des personnels de la santé qui depuis plusieurs jours reçoivent des masques qui s'avèrent très vite inutilisables du fait d'élastiques trop fragiles ? Sur ce point, l'encéphalogramme technocratique reste plat !

Concernant la Fonction Publique d’État et selon Olivier Dussopt, il y a désormais des masques en nombre suffisant et la grande partie des agent•es pourront bénéficier de masques grand public certifiés. Après, pour lui, certains services devront être priorisés, et pour illustrer son propos, il s'interroge sur l'intérêt de fournir des masques aux agent•es de Bercy. Devons-nous en déduire que pour O. Dussopt, Bercy est une citadelle suffisamment hermétique pour résister à l'assaut du Covid-19 ? Certes, le confinement conduit un grand nombre de nos concitoyen•nes à devenir addicts de certaines séries surnaturelles, ce qui est peut-être le cas d'un secrétaire d’État, mais à notre connaissance, aucun Merlin ou Gandalf ne protège Bercy.

Dans le stock annoncé, il y aura, toujours selon Olivier Dussopt, probablement des masques jetables mais qui auront des dates de péremption dépassées… Pour lui, ceci n'est pas un sujet car la Direction Générale de la Santé lui aurait assuré de leur efficacité. Ainsi, on apprend que les agent•es vont se voir attribuer des masques qui ne répondent plus aux normes sanitaires ! N'est-ce pas oublier un peu vite, qu'une date de péremption a peut-être une utilité ?

Ceci nous renvoie à un constat plus large, fort de la loi sur l'état d'urgence sanitaire et au motif qu'il faut soutenir l'économie, coûte que coûte : le gouvernement contourne certains « verrous » sanitaires, sociaux ou de qualité pour favoriser la loi du marché. C'est, on le voit, le cas sur certains produits sanitaires comme les masques, sur les règles de droit en matière de travail et de congés, mais aussi sur les biens alimentaires (atténuation par exemple des normes label rouge).

Pour Solidaires Finances Publiques, il est inadmissible de prendre des risques avec la santé des agent•es, il n'est pas possible de laisser croire aux personnels qu'ils sont bien protégés, qu'ils sont bien traités, alors que tel n'est pas le cas. Est-il besoin de rappeler les obligations de l'employeur en matière de protection des personnels et des conséquences pénales que cela peut avoir pour lui s'il est avéré qu'il n'a pas fait le nécessaire ?

Alors que le Président de la République disait aux Françaises et aux Français que pour assurer leur santé tout serait mis en œuvre, quoi qu'il en coûte, force est de constater que le Gouvernement qui œuvre pour son compte, semble bien plus préoccupé par la santé économique du pays que par la santé de leurs compatriotes, des agentes et des agents qui au quotidien font vivre le service public et l'intérêt général. Une fois de plus, le peuple est légitimement en droit de se demander s'il n'est pas de la chair à canon face aux batteries de l'artillerie libérale menée par le Général MEDEF ?

En ce temps de 1er mai, n'oublions pas les combats de nos anciens pour la défense des droits des travailleuses et des travailleurs, pour les congés payés, le droit à la santé pour toutes et tous, le droit à la retraite qui est en train d'être bafoué au nom de la loi du marché, ou tout simplement le droit au respect !

A Fourmies*, les travailleurs qui le 1er mai 1891 sont tombés sous les balles de la troupe, ne revendiquaient rien de plus que du temps pour vivre et un salaire juste. En récompense, la troupe a tiré faisant 10 morts dont deux enfants. Ce visage-là de la République nous fait horreur car il porte le masque du mépris !

Alors, ensemble, agissons pour faire tomber tout ce qui masque nos libertés ainsi que la justice sociale.

 

 

* La fusillade de Fourmies est un évènement qui s'est déroulé le 1er mai 1891 à Fourmies (Nord). Ce jour-là, la troupe met fin dans le sang à une manifestation qui se voulait festive pour revendiquer la journée de huit heures. Le bilan est de dix morts, dont deux enfants, et de 35 blessés. Bien que les forces de l’ordre aient été mises en cause, neuf manifestants furent condamnés pour entrave à la liberté de travail, outrage et violence à agent et rébellion, à des peines de prison de deux à quatre mois fermes.