SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

SPL : Après 5 ans de silence total sur le sujet, la DGFiP prend pleinement conscience de l’importance du secteur public local… ou pas !

Compte-rendu

Enfin !

Après 5 ans de silence sur le sujet, la DGFiP prend pleinement conscience de l’importance du secteur public local… ou pas !

Au menu de ce 12 novembre 2025, un GT en 9 points (ben oui, après 5 ans…) pour une durée prévue d’une après midi seulement…

Ces points ne comprenaient rien moins que : la dépense, les recettes, la qualité comptable, le bilan des SGC, l’offre de conseil aux collectivités locales, le développement de la démarche partenariale, le plan d’évolutions de l’application Hélios, sa modernisation (Hélios 2) et le projet SIICLOM.

Un verre d’eau SVP !

A l’appui, des documents insignifiants, fournissant simplement quelques chiffres (forcément présentés comme bons) enrobés dans des grandes phrases qui n’apportent pas grand-chose. Nous avons même appris en fin de GT que des annexes étaient initialement prévues, mais que « elles auraient été illisibles après scannage » !!!

Etrange argument !

Le summum : une fiche Hélios qui ne parle pas du tout d’Hélios…

Lors de ce GT, nous sommes venus présenter la vérité vraie des services, telle qu ‘elle nous remonte du terrain. En bref, un bilan assez apocalyptique avec des agentes et agents en totale perte de repère, des consignes peu claires, un encadrement parfois peu ou mal formé, un pilotage aux stats, un travail monotâche, un lien brisé avec l’ordonnateur, bref une perte de sens massive.

Bon, autant arrêter l’insoutenable suspens, nous n’avons évidemment pas été au bout de l’ordre du jour. A 18h30 nous n’avions évoqué que les 2 premières fiches : Recettes et Dépenses.

 

D’emblée, l’administration vante une organisation « plus intégrée »… Défense de rire !

C’est pourtant précisément le contraire, puisque la création des SGC a généré une forte distanciation de l’ordonnateur avec les services du comptable (organisationnellement tout autant que géographiquement), désintégrant les liens existants.


Concernant le CHD (Contrôle Hiérarchisé de la Dépense), l’évolution du référentiel n’apporte en réalité pas grand-chose et la possibilité de dépassement du seuil de 25000 € doit être extrêmement réfléchi, tant il fait perdre son sens à la mission de contrôle de la dépense et risque d’exposer les agentes et les agents.

Sans compter que le CHD implique que tout soit bien typé par l’ordonnateur, ce qui est très loin d’être le cas.

L’arrêt concernant la commune d’Eguilles nous montre d’ailleurs que, dans le cadre d’une mise en cause par la Cour Des Comptes, les collègues ne peuvent s’en prévaloir.

Concernant le TAAP CHD SPL (Traitement Automatisé d'Analyse Prédictive), évoqué par la DTNUM, l’administration répond qu’il ne s’agit pas d’une expérimentation, mais d’essais actuellement non concluants (rapprochement RIB facture/mandat et analyse de la cause des rejets).

On finit par toucher l’absurde, lorsqu’on ne sait même plus qui paramètre les choix de critères que l’on ne connaît d’ailleurs plus non plus.

 

Sur le contrôle allégé en Partenariat (CAP) :

La direction lie ce CAP à une relation de confiance entre l’ordonnateur et le comptable.

Or, là encore, ni le comptable ni l’ordonnateur n’ont attendu le CAP pour entretenir de bonnes relations, fer de lance d’un travail qualitatif.

En réalité, ces CAP, vantés constamment à grand renfort de publicité, sont uniquement là pour masquer la casse du lien ordonnateur/comptable, directement issue du NRP.

De plus, l’administration ne présente aucun bilan de la qualité comparée entre les services qui ont signé un CAP et les autres, alors qu’elle dispose des outils pour le faire. Pourquoi ?

Solidaires Finances Publiques demande un bilan réel des CAP, chiffré, plutôt que de la com !

 

Sur les SFACT, la DG poursuit l’objectif du COM de 100 SFACT à horizon 2027.

En dehors du fait que ça relève de l’incantation (il y en a moins de 30...), les directions feraient parfois n’importe quoi pour simplement ajouter une bûchette.

Tout en admettant des difficultés de mise en place, notamment de problèmes RH, l’administration affirme constater un gain de qualité après 2/3 ans, notamment sur la base tiers.

Et c’est en partie vrai, puisque le SFACT a cet avantage, mais uniquement pour les collectivités, que la fiabilisation des tiers est effectuée par la DGFIP… donc, nous ne contrôlons plus, mais nous faisons le travail des collectivités.

Mais pour quel gain ?

Le SFACT a permis de réduire les délais de paiement de... 0,1 jour… passant de 19,7 à 19,6 jours.

Au regard des moyens mis en œuvre, ça questionne, forcément…

En réalité, l’objectif de l’ensemble de ces organisations, ne nous y trompons pas, c’est la poursuite de la limitation des contrôles par le comptable, dans la droite ligne du rapport Ravignon, et certainement pas une volonté de mieux contrôler.

Quelle est notre utilité si nous validons tout sans savoir pourquoi ? C’est la négation même de la mission, alors que nous parlons ici de contrôle de l’utilisation de l’argent public.

Nous sommes censés en être les garants, mais nous sacrifions la mission, résultat direct de la suppression massive des effectifs.

Car, rien ne prouve que l’ordonnateur est meilleur aujourd’hui qu’hier, particulièrement au regard du turn-over incessant et des vacances de poste dans ses services.

Pour garder de la technicité et améliorer la qualité, plutôt que des MOOC en partenariat avec les CNFPT, il serait préférable de mettre en place de réelles formations des personnels de l’ordonnateur, conséquentes et continues, par la DGFiP, en lien avec notre réseau de SGC.

Concernant les recettes, après avoir écarté le SFACT, dont même la DG avoue à demi-mot qu’il ne fonctionne pas, la « modernisation de la chaîne de la recette » est à l’ordre du jour…

Mais derrière cette accroche, il n’y a pas grand-chose, puisque les services dépendent essentiellement de la qualité du référentiel tiers dans Hélios (c’est d’ailleurs patent pour l’automate des poursuites, pourtant généralement validé sans même regarder)…

Et que ce référentiel est à la main de l’ordonnateur…

Et qu’il n’est soumis à rien de contraignant pour l’améliorer...

Si la DG met en exergue la pratique essentielle de certification des tiers avec l’incitation de l’API-R2P (Recherche des Personnes Physiques), il s’agit bien d’une incitation, pas d’une obligation.

Cela mériterait de déployer des moyens, d’utiliser à fond le réseau des conseillers aux décideurs locaux (CDL), à l’heure où on les envoie promouvoir une fin du chèque qui risque d’induire la suppression des régies dans les petites collectivités, donc d’amener un afflux de titres de faibles montants.

L’administration semble se contenter de la promotion, modérée, du PES ASAP (Avis de Sommes A Payer) et de l’API-R2P, de la mise à jour de la charte des bonnes pratiques ainsi que de la signature de conventions qui n’engagent pas les ordonnateurs à grand-chose.

En fin de séance, cependant, nous avons obtenu une information d’importance : la mise en place, avant la fin de l’année, de la nomenclature des pièces jointes des recettes par imputation, attendue de longue date.

En dehors de ça, aucun élément probant nouveau dans ce GT, sauf la promesse de 3 GT futurs pour traiter des sujets manquants (dont 1 spécifique sur l’hospitalier).