SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

A la DRFiP de la Réunion, la nouvelle méthode d'allocation des emplois avait conduit l'Administration à évaluer que cette direction "bénéficiait" d'un "surnombre" d'agents C à hauteur de 27,7 emplois. Le Directeur local s'était engagé lors d'un CSAL, le 16 mars, à ce que le rééquilibrage se déroule sur plusieurs années. Mais, mauvaise surprise à la publication du mouvement : c'est 1 seul cadre C qui rentre cette année sur le département !

Dans une lettre ouverte, la Section Solidaires Finances Publiques de La Réunion interpelle Amélie Verdier, Directrice Générale de la DGFiP.

Lettre ouverte de la Section Solidaires Finances Publiques de La Réunion à Mme Amélie Verdier, Directrice Générale de la DGFiP

Mouvement général catégorie C sur la Réunion : erreur, bêtise ou les deux ?

Nous avions cru, sur la foi des assurances répétées de votre part, que la saignée des années précédentes dans les effectifs de la DGFiP allait s'arrêter !

La section Solidaires Finances Publiques de La Réunion et par son intermédiaire, les nombreuses et nombreux collègues de catégorie C s’attendaient à ce que le mouvement général de mutation sur la DRFiP de la Réunion soit, a minima, identique aux années précédentes, puisqu’un surnombre avait été consenti et maintenu depuis des années.

Lors du CSAL « emploi » qui s'est tenu le 16/03/2026, l’impact du MAGERFIP sur notre département a été chiffré à 27,7 postes de C en surnombre. Par quelle magie peut-on imaginer que nos services déjà exsangues et débordés contiennent 27,7 postes de C surnuméraires ?
Notre DRFiP a expliqué en séance que ce surnombre allait être peu à peu réduit jusqu'à être complètement résorbé. Pour ne pas impacter trop fortement le mouvement de mutation des agents administratifs en 2026, le DRFiP a affirmé en instance avoir obtenu l'assurance de la DG que la résorption du surnombre d'agents C s'étalerait sur plusieurs années.

Force est de constater que ce ne fut pas le cas puisque seule une mutation de catégorie C a été prononcée dans le cadre du mouvement général.

Que devons-nous en déduire, Madame la Directrice ? La parole de notre directeur régional n’a-t-elle aucune valeur ? Les échanges des RH de Bercy avec les directions locales sont-ils dépourvus de toute sincérité ? L’administration centrale a-t-elle renoncé à toute cohérence dans sa gestion des ressources humaines ? Le dialogue social, dont vous êtes garante, n’est-il plus qu’une façade destinée à masquer des décisions unilatérales ?

La vie des agents de la DGFiP, et en particulier la vie des agents ultramarins qui consentent déjà à passer plusieurs années dans l'hexagone, a-t-elle une valeur à vos yeux ?
Non, les agents de la DGFiP ne sont pas des pions.
Non, les mutations ne sont pas une partie de poker menteur.

Madame Verdier, avez-vous conscience de ce que représente ce mouvement de mutation pour bon nombre d'agents réunionnais en poste dans l’hexagone ?

Mme La Directrice, si ce n'est pas une politique délibérée, il n'y a pas beaucoup d'options. Soit il s'agit d'une erreur funeste qui peut être rapidement corrigée, soit il s'agit d'une bêtise.
S’il s’agit là d’une politique délibérée, Paris fait payer les errements de Paris aux cadres C originaires de La Réunion.

Rappelons-le: La Réunion est un territoire marqué par une précarité économique endémique. Plus de la moitié de la population en âge de travailler y est sans emploi, le niveau de vie y est parmi les plus bas de France, tandis que le coût de la vie y est bien supérieur à celui de l’Hexagone. Pour de nombreux jeunes Réunionnais, l’accès à la fonction publique représente une voie d’ascension sociale, rendue possible par l’égalité des chances devant les concours et l’absence de discrimination à l’entrée. Mais à quel prix ? Et pour quel avenir ?

Avez-vous conscience, Madame la Directrice, de ce que représentent 11 000 kilomètres. Une telle distance ne se franchit pas en deux heures de TGV. Elle a un coût, humain et financier, insupportable pour des agents de catégorie C, déjà fragilisés par des décennies de restrictions budgétaires.

Avez-vous conscience des dégâts causés par l’absence d’une mère ou d’un père pour son enfant ? C’est incommensurable, cela crée des séquelles à vie.

Avez-vous conscience de l'impact de ce mouvement irresponsable dans la vie des 164 agents qui vont rester sur le carreau ? Le choc ressenti à l’annonce des résultats sera immense. Nos représentants vous alertent régulièrement sur cette situation critique lors des formations spécialisées du réseau. Le moral en berne et l’espoir brisé laisseront des traces indélébiles chez des collègues qui, de bonne foi, avaient choisi de servir la DGFiP.

Alors, vous nous devez, vous leur devez rapidement des explications, après tout, n'est-ce pas le cœur de votre mission ?

La section Solidaires Finances Publiques de La Réunion