La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a été frappée en 2025 par une vague dramatique : 19 suicides et 23 tentatives. Un véritable choc, un tsunami humain.
2026 commence sous les mêmes auspices inquiétants : déjà 1 suicide et 9 tentatives au premier trimestre. Derrière ces chiffres, ce sont des collègues, des vies brisées, des collectifs de travail meurtris.
Même si nous savons que ces drames sont multifactoriels, l’inaction de l’administration pour savoir si le travail, son organisation et son management, n’est pas un élément déclencheur, nous sidère. En effet, malgré des consignes claires, certaines directions locales ne font pas remonter les informations à la direction générale. Et celle-ci, manifestement, ne se donne pas les moyens de contraindre les directions défaillantes. Faut-il y voir une forme de complaisance ? Car moins on remonte, moins on voit. Moins on voit, moins on agit.
Certaines directions refusent également de proposer aux représentantes et représentants de la Formation Spécialisée locale des enquêtes sous prétexte que l’agente ou l’agent concerné ne serait pas d’accord. Oubliant ainsi que les enquêtes ne sont pas sur les individus mais sur le travail et son organisation.
Pire, quand le rapport d’enquête est terminé, la direction générale n’en prend pas connaissance y compris quand le rapport montre clairement que le suicide est lié au travail, au manque d’effectifs, à la surcharge de travail comme cela a été le cas dans le 94. Face à un tel rapport, la seule réponse de l’administration est de dire que l’organisme extérieur ayant fait l’enquête n’est pas neutre ! Et se questionne même sur le coût de telles enquêtes ! Une honte.
Pendant ce temps, la réalité dans les services est implacable : suppressions d’emplois, surcharge de travail, perte de sens, dégradation continue des conditions de travail. Autant de facteurs qui alimentent une souffrance au travail devenue systémique.
Face à cela, la réponse de l’administration est indigne des enjeux. Le « plan d’amélioration des conditions de travail et de prévention du risque suicidaire », rejeté à l’unanimité par les organisations syndicales, est un plan sans ambition, sans moyens, sans effets. Un plan qui ne protège pas. Un plan qui ne change rien.
Nous ne sommes plus au stade des intentions, mais de l’urgence. Solidaires Finances Publiques continuera à dénoncer l’insuffisance des moyens humains, l’organisation du travail délétère, les formes de management toxique, et l’aveuglement de la direction générale.
Il est temps d’agir réellement. Il est temps d’écouter les agents et les agentes. Il est temps de mettre fin à cette spirale dramatique.