SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

Le 12/02/26 se tenait le GT concernant "l'avenir de la relation conventionnelle avec la caisse des dépôts et consignations"'. Celles et ceux qui s'attendaient à une totale absence de réponse n'ont pas été déçus...

Compte-rendu

Fermeture des Centres de services bancaires : Un GT pour rien ! Et pourtant, il y avait tant à dire !

La DGFiP à l'initiative... ou pas...

L’imprécision de la fiche préparatoire était sans doute un indice de la légèreté avec laquelle l’administration abordait non seulement ce groupe de travail mais aussi ce dossier. La réunion n’a fait que confirmer nos craintes et attiser notre colère. Aucune réponse précise n’a été apportée aux nombreuses questions que se posent aujourd’hui les agents des centres de services bancaires ! Mais soyez rassurés, la direction générale a noté les questions !

Il a fallu attendre le Comité social d’administration de réseau du 16 février pour que la directrice générale réponde à la première et simple question que nous avions posée lors du GT : Qui est à l’origine de la rupture de la convention de partenariat entre la DGFiP et la caisse des dépôts et consignations ?

Selon elle, la DGFiP aurait pris cette initiative, rejoignant toutefois le souhait de la Caisse des dépôts de réinternaliser la mission bancaire... Au 31 décembre 2027, la DGFiP n’exercera donc plus cette mission pour le compte de la Caisse des dépôts.

Une DGFiP qui prône une qualité de contrôle moindre...

Cette rupture serait justifiée par la divergence grandissante de stratégie sur la manière et les moyens d’exercer les missions, la DGFiP indiquant se concentrer sur les « contrôles intelligents » (sic) proportionnant les contrôles aux enjeux alors que les contrôles bancaires tendent, au vu de l’évolution de la réglementation, à une approche exhaustive.

En d’autres termes, la qualité attendue de la prestation bancaire n’est plus compatible avec les moyens limités que la DGFiP consent à accorder à cette mission.

Une DGFiP qui s'assure de la sécurité de l'avenir de ses agentes et agents... ou pas...

Solidaires Finances Publiques s’est étonné de ce changement de cap. Le premier service démétropolisé en septembre 2021 était le centre de services bancaires de Versailles qui a rejoint Mâcon. À l’époque, la DGFiP avait insisté sur la pérennité de la mission permettant aux agents qui le souhaitaient de déménager pour continuer à l’exercer. Comment ose t-elle, seulement 5 ans plus tard, renier ainsi sa parole ?

La direction générale a répondu, mais sans aucune assurance à ce stade, que la caisse des dépôts et consignation pourrait implanter un centre de services bancaires sur Mâcon.

Solidaires finances publiques a demandé où seraient implantés les nouveaux services de la caisse, la localisation étant un critère déterminant dans la réflexion des agents pour envisager de suivre la mission. La direction générale ne sait pas !

Au vu de l’hémorragie prévisible qui va toucher ces services avant même la fermeture, nous avons posé la question de la manière à continuer à exercer la mission jusqu’au bout, avec des effectifs sans doute plus restreints, les derniers collègues présents ne devant pas subir une augmentation de leur charge de travail. Est-ce que la caisse pourrait en parallèle commencer à prendre en charge partiellement l’exercice de la mission ? Pas de réponse.

Un protocole entre la DGFiP et la caisse des dépôts devrait être mis en place afin de préciser les modalités de reprise de la mission par la caisse. Il n’existe toutefois pas à ce jour, pas plus que le calendrier des différentes étapes.

Toutes les questions ont ensuite porté sur les suites RH de la fermeture des CSB.

Un dispositif exceptionnel d’accompagnement des agents est annoncé dans la fiche du GT mais à ce stade, il apparaît que les agents ne bénéficieraient même pas des garanties de droit commun, ce qui serait quand même un comble !

La direction générale a d’abord indiqué que la caisse des dépôts avait manifesté le souhait de conserver les personnels qui le souhaitent. Mais dans quelle volumétrie ? Sur quels critères ? La DGFiP ne sait pas !

Au-delà de l’implantation déjà abordée, la question de la rémunération des personnels transférés à la caisse a été posée. D’après la direction générale, il est « de notoriété publique que les agents de la caisse des dépôts sont bien rémunérés », mieux que les agents de la DGFiP. Mais elle n’a aucune idée précise de ce niveau de rémunération ! Cette réponse est symptomatique du degré de préparation de ce groupe de travail par l’administration.

Les nombreux contractuels affectés dans les CSB verront en tout état de cause leur contrat s’achever le 31 décembre 2027. Les contrats qui arriveraient à échéance d’ici là seront reconduits jusqu’à cette date ou pas, au libre choix des directions locales, façon peu élégante de la direction générale de faire reposer sur ces dernières la responsabilité de la non reconduction. La précarité des agents contractuels que nous dénonçons depuis le début se manifeste pleinement dans le cadre de cette restructuration. Ces personnels ne disposent d’aucune garantie, à commencer par l’absence de reclassement dans les autres services !

Pour les titulaires, la fiche préparatoire et la direction générale ont entretenu un certain flou. La fiche évoque une priorité au département, ce qui n’est pas une garantie d’affectation, la priorité disparaissant en l’absence de poste disponible ! Solidaires Finances publiques a dénoncé cette approximation et exigé qu’une garantie soit offerte à chaque agent de rester dans le département d’implantation des CSB.

Les fonctionnaires pourraient rejoindre la caisse des dépôts par voie de détachement, sans limite de durée selon la DGFiP, avec un droit à réintégration dont les modalités doivent être précisées, en particulier la possibilité de réintégrer dans le département d’origine !

Et la suite ? 

Un cycle de réunion avec les représentants des personnels et ceux de la caisse des dépôts et consignations doit être organisé pour préciser les modalités d’accompagnement des agents. Solidaires Finances Publiques a souligné qu’il n’y avait d’ici la fermeture qu’un seul mouvement de mutations et qu’il était urgent d’apporter aux agentes et agents des informations leur permettant de faire les choix qui les impacteront directement ainsi que leurs familles.

Bref, au sortir de ce GT, Nous retiendrons que la DGFiP n’a pas questionné la Caisse des dépôts et consignations sur le concret, n’apporte aucune précision sur les dizaines de questions qui interrogent et inquiètent les agents, tant au niveau de l’éventuel suivi de la mission que des garanties RH.

Si la DG avait voulu créer un GT à seule vocation d’affichage, elle aurait proposé celui-ci...

Solidaires Finances Publiques dénonce le mépris avec lequel la DGFiP traite les agentes et agents qu’elle a elle-même placés dans une situation de précarité et insistera pour que celle-ci leur apporte le plus rapidement possible des réponses leur permettant de se positionner pour leur avenir.