Si les recours aux cabinets de conseil n’ont pas été institués sous la présidence d’Emmanuel Macron, le coût pour les finances publiques a été sensiblement alourdi, et a même doublé entre 2018 et 2021 pour un montant total avoisinant les 2,4 milliards d’euros en 4 ans.

Alors qu'est systématiquement avancée la maîtrise des dépenses publiques pour rogner sur les moyens du service public et augmenter les suppressions d’effectifs, il est insupportable que des sommes colossales soient allouées à des groupes privés pour conduire des politiques d’austérité. Pour Solidaires Finances Publiques il n’est pas tolérable que des millions d’euros soient déboursés pour proposer de réduire de 5 euros les APL pendant que 80 à 100 Milliards d’euros s’évaporent en fraude fiscale chaque année. Pour rappel, à la lecture des bilans d’activité 2020 et 2010 de la DGFiP, plus de 24 000 postes ont été supprimés à la DGFiP ces 10 dernières années, dont près de 2220 pour les seuls effectifs du Contrôle Fiscal Externe.

Il est d’autant plus choquant que les deniers publics soient ainsi dilapidés alors que la commission d’enquête du Sénat a révélé que le cabinet McKinsey n’avait pas payé d’impôts sur les sociétés en France depuis au moins dix ans. Sans doute que la baisse des impôts sur les sociétés de 33 à 25 %, dont l’impact budgétaire est évalué à 11 milliards d’euros, n’était pas encore suffisante aux yeux du groupe McKinsey. Les baisses d'impôts n'empêchent nullement l'optimisation ou l'évasion fiscale dès lors qu'il reste possible de limiter son imposition en utilisant des montages juridiques et en se localisant dans des pays à fiscalité attractive.

Alors que Solidaires Finances Publiques dénonce les sommes colossales allouées aux cabinets de conseil impactant le budget de l’État, d’autres dépenses engagées par l’État, et notamment la DGFiP, sont sujettes à questionnement. L’explosion des partenariats avec des sociétés privées, pour la mise en place de techniques d’intelligence artificielle, témoigne des velléités dépensières des administrations. Citons notamment la mise en place du traitement automatique d’analyses prédictives dans les services de contrôle de la dépense, le partenariat avec la société Homiwoo pour les évaluations domaniales, ou encore le partenariat avec Google et Cap Gemini pour la mise en place du Foncier Innovant ; ce dernier projet se chiffrant déjà à 24 millions d’euros pour des résultats pour le moins incertains. Les politiques dogmatiques de réduction des effectifs conduisent à une externalisation à outrance de missions de services publics.

Depuis des années, sous prétexte de réduction des dépenses publiques, les mêmes politiques sont à l’œuvre  dans les services publics et de la DGFiP : suppressions massives d’emplois, suppression des implantations territoriales pour les remplacer par des Établissements France Service sans présence d’agents de la DGFiP, tout en confiant à des boites privées à la fois les réflexions et les réalisations des politiques de services publics. Pour Solidaires Finances Publiques, il est urgent de rappeler l’utilité, la nécessité du Service public pour le plus grand nombre. Sans services publics, il ne peut y avoir d’égalité citoyenne ni de justice sociale.

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