Le Secrétariat Général des ministères économiques et financiers a lancé le chantier du vote électronique pour les elections professionnelles de décembre 2018.

Ce dossier propose de mettre un focus sur des points faisant l'objet de revendications portées lors des rencontres avec l'administration.

Historique : 

  • 14/06/2017 - La boite noire : retour sur une expérience filmée de vote aléatoire avec le logiciel de Docapost
  • 27/04/2017 - L'usine à évaporation : comment décourager l'électeur en multipliant les contrôles à l'authentification
  • Documents MILI

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La boite noire

Ainsi donc le Secrétariat Général du ministère continue d'avancer sur la mise en place du vote électronique, malgré les protestations des organisations syndicales.

Lors de la réunion technique du 2 juin 2017, le prestataire choisi a été révélé : il s'agit de Docapost, une filiale de la poste, affichant une solide expérience sur des élections dont le public est proche de celui de notre ministère, aux dires de l'administration.

Docapost a été le prestataire de la solution technique lors des élections professionnelles de La Poste en 2014.

Lors de ces élections, en plus d'incidents survenus à l'ouverture du vote (afflux de votants mettant hors service la plateforme), certains comportements du logiciel ont fait réagir des organisations syndicales, dont nos camarades de SUD PTT.

Vous trouverez la vidéo complète de l'incident ici : Le vote SUD est un vote blanc : la preuve

Le diaporama suivant découpe et explique le déroulé du vote qui pose problème sur le film :

  • 1. L'électeur se connecte au portail de vote avec ses identifiants
  • 2. L'électeur fait le choix de la liste SUD
  • 3. Contrairement au choix de l'électeur (liste SUD), le logiciel lui propose de voter blanc !
  • 4. Retour au choix de la liste, l'électeur coche à nouveau la liste SUD.
  • 5. Cette fois c'est bon ! Mais 2 actions identiques, 2 résultats différents. Peut-on avoir confiance? La réponse semble évidente... Non!

 

A la différence du vote à l'urne, pour lequel la transparence totale jusqu'à l'urne est un gage de confiance, la prise en main par un logiciel pour chaque étape du vote implique de déléguer certaines de ces étapes à un logiciel. Ce logiciel peut, par malveillance ou négligence technique, réaliser ses tâches de façon incohérente. C'est ce que l'on appelle un bogue, et tout logiciel en comporte, quelle que soit la qualité des équipes l'ayant programmé.

Il est donc primordial, si le SG persiste à nous imposer ce mode de scrutin, que le code source soit analysé. Ce sera fait...oui mais par un expert indépendant, donc nous n'aurons pas accès au code, uniquement aux conclusions de l'expert. A qui, là aussi, il faudra faire confiance pour analyser des milliers de lignes de code !

C'est insuffisant. L'ouverture du code source, qui permettrait de mettre exergue ce type d'anomalie, a été pratiquée par l'Estonie par exemple (code source ici) en 2013. Malheureusement, le marché impose un secret industriel que le SG nous oppose. Là encore, cela aurait pu être évité en respectant la circulaire n° 5608-SG du 19/09/2012 concernant l'usage des logiciels libres dans l'administration, et aurait de surcroit permis une mutualisation entre les ministères.

C'est la sincérité du scrutin qui est en jeu

Réclamons l'abandon du vote électronique pour les élections professionnelles de 2018!