Le mardi 2 mars 2021 s'est déroulé le Conseil de Promotion pour les B stagiaires généralistes (Clermont-Ferrand, Lyon et Noisy-le-Grand).

Liminaire

Pour ouvrir ce conseil de promotion, nous pourrions reprendre notre liminaire du conseil de promotion précédent qui s’est tenu il y a 2 mois, tant les différences sont infimes. 

Vous avez face à vous des représentants d’un public divers, des internes, des externes partageant un bilan de cette formation qui est bien loin de l’optimisme avec lequel nous avons entamé cette formation en octobre. 

Nous sommes à un mois exactement de la fin de cette formation qui nous donne l’impression d’avoir duré une éternité, alors que nous n’avons eu qu’un mois de formation en semi-présentiel. 

Bien sûr, comme l’ensemble de la société, nos vies personnelles sont aussi mises entre parenthèses.

Ce qui, ajouté à la formation et à nos futures affectations, engendre des difficultés supplémentaires négligées car difficilement mesurables. Le couvre-feu général à 18h et le confinement local de certain territoires rajoutent des problèmes aux problèmes. A à peine un mois de la prise de poste, il est évident que la recherche de logements et les démarches administratives sont dans les priorités des stagiaires. Il ne s’agit pas simplement d’un souci d’organisation personnelle.

Il est d’autant plus difficile de s’impliquer pleinement dans une scolarité alors que nous serons pour certains parachutés dans une région inconnue.

Sans possibilité d’autorisation d’absence exceptionnelle, pour les visites de logement par exemple nous sommes contraints de faire au mieux des visites en visio et pour d’autres ils doivent se contenter d’un dossier numérique. 

Une consultation est en cours pour le nom de la promotion, nous pensons que Pierre Richard serait un nom adapté tant nous avons connu de déboires successifs, ou bien encore Robinson Crusoé tant nous nous sentons isolé.es. 

Il nous sera opposé que nous manquons d’hauteur de vue afin d’apprécier la qualité de la formation dans sa globalité. il est vrai que nous ne sommes que des petits stagiaires ici pour suivre cette formation optimisée. Malgré les conditions exceptionnelles, découlant d’organes décisionnaires qui ont une vision globale et d’une telle hauteur de vue qu’ils ne voient plus nos problèmes quotidiens. 

De par les conditions, nous vivions une formation exceptionnelle, de par la gestion nous vivons une formation sacrifiée.

Une formation initiale qui se veut professionnalisante, ne serait-ce que pour des raisons pédagogiques, ne devrait pas se dérouler en distanciel et encore moins en autonomie. Une formation en présentiel est nécessaire aux stagiaires pour la bonne assimilation des savoirs, la véritable valeur de cette formation réside dans les échanges entre les stagiaires et les chargés d’enseignement. La densité et la diversité des cours ne nous permettent pas toujours de dégager les éléments essentiels à retenir. Nous regrettons que les chargé.es d’enseignement nous proposent régulièrement en visio des synthèses personnelles, ce qui représente un travail conséquent, mais qu’ils ne peuvent pas nous transmettre. Ces visio ont été beaucoup trop longues, l’attention dans ce type de situation ne pouvant pas être de 3 heures. Rappelons aussi que notre promotion est la première sous ce format raccourci à 6 mois et que nous n’avons pas pu bénéficier d’annales pour nous exercer. 

Nous saluons évidemment les appels effectués auprès des stagiaires afin de vérifier si nous n’avons pas totalement décroché, c’est un bon début, dommage qu’il arrive à la fin.

Nous ne doutons pas que le bilan sera globalement positif, la survenance tardive de ce dispositif a été vécu comme un manque de considération par beaucoup de stagiaires. Ils ont donc compris que les doléances qu’ils pourraient évoquer resteraient malheureusement lettre morte. C’est pourquoi beaucoup ne se sont pas saisi.es de cet outil pour remonter leurs difficultés.

Être entendu.es est une chose, être écouté.es en est une autre. 

Pour les évaluations, nous renouvelons notre demande du conseil précédent afin d’obtenir des statistiques détaillées. De même, nous déplorons que la communication des documents base de travail de ce conseil nous soit faite si tardivement, cela semble malgré tout être fidèle au reste des habitudes de communication descendante de l’administration vers nous, avec des informations non communiquées ou de façons particulièrement tardives. Nous savons apprécier à sa juste valeur ce marque de reconnaissance des organisations syndicales. 

L’évaluation Dièse concernant la qualité de la formation socle, vient de débuter, soit 3 mois après la fin du socle. De même, nous regrettons que les résultats des évaluations ne soient pas disponibles à ce jour. Nous demandons à ce qu’ils le soient au plus vite. Il est primordial, essentiel, indispensable que vous puissiez continuer votre ouverture de dialogue à l’attention des stagiaires en difficultés. Vous avez émis l’hypothèse de cours sur la base du volontariat en groupe restreint en présentiel, ces stagiaires doivent absolument en être les premiers bénéficiaires. Il vous appartient également de leur proposer des visio courtes et régulières de rattrapage et de reformulation. Nous avons tou.te.s réussi un concours attestant de nos capacités, le contexte très particulier ne doit pas le remettre en cause. 

Avec l’avancée dans le temps, certaines difficultés s’effaceront naturellement, cependant d’autres pointent le bout de leur nez.

Quid de l’organisation des oraux, maintenus malgré les conditions exceptionnelles ? Nous ne remettons pas en cause le bien-fondé de cette épreuve orale comme moyen d’apprécier le bon apprentissage de l’intégralité des connaissances nécessaires pour un contrôleur stagiaire, mais nous nous permettons de nous interroger sur la pertinence de ce maintien au cours d’une scolarité aussi dégradée. Les aptitudes oratoires sont aussi liées à des apprentissages, hormis le cours de communication, nous n’avons pas eu de contenu et encore moins de mise en situation orale régulière. 

Quid des plannings ? Il est appréciable d’avoir une vision sur 15 jours, cependant cet effort se trouve largement amoindri lorsque des changements interviennent (de façon très régulière) en cours de semaine pour cette même semaine. Nous rappelons que les restrictions sanitaires actuelles, avec notamment le couvre-feu à 18h00, et/ou un confinement local ont un impact certain pour l’organisation les diverses démarches administratives des stagiaires.

Solidaires tient à rappeler que le coût du télétravail (et donc de la formation à distance) a récemment été estimé à plus de 100 euros par mois, c’est pourquoi nous réitérons notre demande de dédommagement lié à ce contexte subi. 

Aussi, dans ce contexte, se sont d’autant plus fait ressentir vos choix organisationnels, que nous jugeons infantilisants. Nous serions curieux de voir l’évolution sociologique des stagiaires recruté.es sur 20 ans. Ce que nous constatons c’est que notre promotion a une moyenne d’âge de 37 ans et dans l’ensemble a déjà eu des responsabilités professionnelles et/ou personnelles. Nous ne trouvons donc pas adapté le fait d’être rappelé.es en permanence à travailler en-dehors des temps prévus à cet effet, d’être sous pression pour les évaluations, de ne pas pouvoir, pendant le stage pratique, disposer de congés libres, de ne pas avoir le sentiment que vous nous faites confiance. Nos vies personnelles, de famille et psychiques se trouvent impactées par ces règles ou consignes.

Dans le même temps, nous nous félicitons de la fin de la limitation du nombre de participation aux concours, situation au caractère anxiogène dans la perspective d’une évolution de carrière. Et nous appelons à ce que l’ensemble des listes complémentaires soient appelées sans délai pour venir renforcer les corps concernés. 

Concernant notre stage probatoire, cette formation nous fait question, nous interroge sur nos compétences pour notre arrivée en poste. Pourriez-vous nous préciser les éléments qui seront transmis à nos futures directions : quel sera l’impact du télétravail ? Dans quelles conditions sera mis en place le télétravail pour les stagiaires ? Quel sera le traitement des collègues vulnérables ? Quel outil « efficace » de suivi du stage probatoire sera mis en place par l’ENFiP ? 

Solidaires tient à défendre haut et fort l’importance du présentiel dans une formation aussi dense et qui a normalement pour but de former de bons professionnels. Quels enseignements ont été et seront tirés de cette année chaotique, tant sur le côté formatif que sur le côté humain ?