Promouvoir un environnement de travail qui ne porte pas atteinte à la santé est un droit fondamental qui est trop souvent bafoué. La santé au travail n’est pas qu’une affaire individuelle : elle découle directement des conditions de travail, l’une ne va pas sans les autres.
Les politiques de réduction des dépenses publiques menées ces quarante dernières années, ont comme conséquences inévitables la dégradation de la qualité du service rendu à la population et des conditions de travail des personnels. Aujourd’hui, un agent de la DGFiP connaît une intensification et surcharge de travail, mais aussi une perte d’autonomie due à la standardisation des process et au final, une perte du sens du travail. Ces conditions de travail difficiles fragilisent durablement la santé des personnels. Les chiffres du Rapport Social Unique (RSU) montrent clairement une hausse des arrêts longs, des pathologies chroniques et des troubles liés au stress. Ce sont des révélateurs tenaces d’un travail qui abîme.
À la DGFiP, l’environnement de travail fragilise la santé
A l’organisation du travail, souvent délétère, qui peut provoquer ou aggraver des troubles physiques et psychiques allant jusqu’à l’accident de service ou à la maladie professionnelle s’ajoute la façon dont l’administration traite les agentes et les agents ayant des problèmes de santé qui ne sont plus que vus que comme des difficultés à gérer.
La santé au travail ne se réduit pas à l’absence pour maladie : elle dépend des conditions dans lesquelles les agents travaillent, s’absentent, reviennent et poursuivent leur carrière.
Les congés pour raison de santé prennent une importance particulière. L’arrêt de travail est un outil de protection sociale pour préserver la santé. Pourtant, on observe à la DGFiP une tendance croissante à la culpabilisation des personnels en arrêt, à la mise en doute de la légitimité des arrêts, et à des démarches administratives de plus en plus complexes. Au lieu d’intervenir sur les causes, l’administration glisse vers un pilotage par les indicateurs d’absentéisme, qui pousse à la dissimulation des difficultés de santé et à un présentéisme néfaste.
S’intéresser à l’arrêt de travail, c’est donc défendre un droit fondamental : celui de se soigner, sans honte, sans pression et dans des conditions matérielles permettant une vraie récupération, afin de pouvoir reprendre le travail dans les meilleures conditions possibles.
Le retour au travail après un arrêt long est aujourd’hui l’un des maillons faibles de la gestion des ressources humaines à la DGFiP. Les agentes et les agents reviennent souvent trop tôt, sans anticipation de leurs besoins, sans adaptation du poste, parfois sans même un échange préalable avec la hiérarchie ou la médecine du travail. Les refus d’aménagements, les réaffectations arbitraires, l’absence de suivi dans le temps, et le manque de coordination entre RH et prévention exposent les collègues à un risque majeur de rechute et de marginalisation professionnelle. Pourtant, un retour au travail réussi protège durablement la santé, tandis qu’un retour mal accompagné peut mener à l’inaptitude ou à la mise à l’écart.
S’intéresser au maintien dans l’emploi, c’est exiger que l’administration assume enfin ses obligations : adapter le travail à l’agent, et non l’inverse, et garantir à chacun la possibilité de poursuivre sa carrière sans être fragilisé, voire exclu par un épisode de maladie.
Connaître ses droits, les faire respecter et agir pour que la maladie ne soit plus une faiblesse, mais le révélateur d’un travail qui fait mal. C’est l’axe fort que défend Solidaires Finances Publiques.

