L’intersyndicale Solidaires Finances Publiques, CGT Finances Publiques, FO-DGFIP et CFDT Finances Publiques a souhaité organiser une grande enquête sur la situation des services informatiques à la DGFiP. L’enquête a été réalisée du 8 septembre au 30 novembre 2021.

L’analyse présente et le document joint n’engage que Solidaires Finances Publiques.

Elle était ouverte à tous les agents et agentes travaillant dans la sphère informatique de la DGFiP au sens large, soit un peu moins de 4 800 agents.

113 femmes et 308 hommes ont participé à l’enquête

424 Agents ont rempli le questionnaire dans son intégralité, cela représente 8,8 % des agents présents dans les services informatiques. Si on prend les agents hors services centraux, 389 agents ont répondu à l’enquête, soit 11,5 % des agents des DiSI.

Si elle est significative, cette participation peut être vue comme relativement faible par rapport à l’ensemble des agents concernés par l’enquête. Malgré la durée de la mise en ligne, il semble que des problématiques de communications liées à une diffusion de l’information et à un accès impossible depuis le réseau DGFIP, soient une des causes de ce taux assez faible. Malheureusement, on ne peut que constater le peu d’empressement de l'intersyndicale à promouvoir cette enquête auprès de leur public.

113 femmes et 308 hommes ont donc rempli ce champ, soit respectivement 73,2 % d’homme et 26,8 % de femme. Ce chiffre est en mettre en parallèle avec le taux de féminisation dans les services informatiques qui était de 39 % en 2018. Sans surprise, nous avons donc dans notre enquête un déséquilibre H/F évident en termes de participation, et ce dans l’ensemble des services.

On peut noter une très forte participation des cadres B dans l’enquête (plus de 60 %), puis des cadres A avec 29.8 %. Les cadres C avec 6.2 % et les cadres A + avec 3.6 % étant nettement minoritaires.

Nous ne pouvons que constater une très faible participation des « jeunes agents ». Les plus gros taux de participation se retrouvent en effet dans la tranche des 40-60 ans qui regroupe plus de 75 % des réponses au questionnaire. Les moins de 39 ans représentant à peine plus de 15 % des réponses.

Il ressort de ces chiffres un manque de féminisation flagrant des services informatiques de la DGFiP. Si « l’informatique » est malheureusement peu féminisée, Il est indispensable aujourd’hui qu’une inversion de ce processus soit enclenchée, ceci le plus en amont possible (dès la formation universitaire). Sur le vieillissement de la pyramide des âges, la situation est très préoccupante. Notre enquête met en évidence une prépondérance forte de la tranche d’âge des 40-60 ans en termes de participation. Ce résultat est malheureusement en adéquation avec la réalité et la situation des services. Il est aujourd’hui indispensable de préparer l’avenir, et de procéder à un recrutement anticipé d’un maximum d’agents afin de permettre une passation du savoir et des compétences et éviter tout problème majeur à l’avenir.

Autre fait marquant, l’existence d’un fort déséquilibre dans les taux de participation par service. Ainsi les agents en charge de l’assistance (CID, SIL, et AT, environ 1 000 agents au niveau national) représentent plus de 47 % de la participation alors qu’il représente moins de 20 % des agents dans les services informatiques. Si on va plus loin et qu’on ne s’arrête qu’au CID, on tombe sur une participation de plus de 19 % par rapport au nombre total d’agents en CID (environ 850). À l’opposé la participation des agents des autres structures est plus limitée, il en est ainsi des services d’exploitation et de développement qui représentent pourtant un nombre très important d’agents si on y inclut les services centraux.

 

Résultats synthétiques 

 

Est-ce que votre service est au complet :

236 agents ont répondu par l’affirmative (service au complet) soit 55,7 % des réponses.

188 agents au contraire ont mentionné des vacances de postes soit 44,3 %

Les agents constatent donc de très nombreuses vacances de postes dans leurs services d’affectation.

 

Votre service a-t-il subi une ou plusieurs suppressions d’emplois ces trois dernières années ?

112 agents (26,4 %) ont répondu par l’affirmative

202 agents (47,6 %) par la négative

110 agents ne se prononçant pas

 

Êtes-vous satisfaits de vos conditions de vie au travail ?

254 agents (59,9 %) s’estiment satisfaits de leurs conditions de vie au travail

170 agents (40,1 %) ont un avis opposé.

 

Comment estimez-vous votre charge de travail ? (chiffre global)

203 agents (47,9 %) estiment leurs charges de travail correctes

55 agents (13 %) la considèrent adaptée

141 agents (33,3 %) la considèrent comme trop importante

25 agents (5,8 %) la considèrent comme inacceptable

 

Détails par service 

 

 CID :

96 agents (58,5 %) considèrent que la charge de travail est trop importante, voire inacceptable. Sur ces 96 agents, 55 agents (57,3 %) déclarent avoir subi une ou plusieurs suppressions d'emplois ces trois dernières années,

68 agents (41,5 %) trouvent la charge correcte et adaptée.

86 agents (52,5 %) ne sont pas satisfaits de leurs conditions de vie au travail, sur ces 86 agents, 38 agents (44,1 %) mentionnent une suppression de poste dans les 3 dernières années.

À la lecture de ces chiffres, pour Solidaires Finances Publiques et contrairement à ce que porte l’administration dans son argumentaire, il semble évident qu’il existe un lien entre les suppressions d’emplois et la dégradation des conditions de travail des agents. Il est donc aujourd’hui urgent d’arrêter toutes les suppressions d’emplois et de pourvoir l’ensemble des postes vacants.

 

Les services de développement :

51 agents considèrent que la charge de travail est correcte et adaptée (76 %).

16 agents la considèrent comme trop importante et inacceptable (24 %)

22 agents ne sont pas satisfaits de leurs conditions de vie au travail (32.8 %)

 

Les services d’exploitations :

51 agents considèrent que la charge de travail est correcte et adaptée (82,3 %) .

11 agents la considèrent comme trop importante et inacceptable (17,7 %)

17 agents ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail (27,4 %)

 

Les services d’intégrations / Intex :

22 agents considèrent que la charge de travail est correcte et adaptée (66,6 %) .

11 agents la considèrent comme trop importante et inacceptable (33,3 %)

18 agents ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail (54,5 %)

 

Les directions et services transverses :

20 agents considèrent que la charge de travail est correcte et adaptée (80 %) .

5 agents la considèrent comme trop importante et inacceptable (20 %)

4 agents ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail (16 %)

 

Les SIL :

13 agents considèrent que la charge de travail est correcte et adaptée (54,1 %) .

11 agents la considèrent comme trop importante et inacceptable (45,9 %)

7 agents ne sont pas satisfaits de leurs conditions de travail (29 %)

De manière globale, la charge de travail semble correcte et adaptée à l’exception des SIL. Toutefois, des conditions de travail dégradées sont constatées par certains agents entre ¼ et 1/3 des agents dans chaque sphère. Il sera donc important de surveiller au plus près se ressenti et de faire en sorte que ce sentiment disparaisse et ne perdure pas.

 

Avez-vous du personnel hors DGFIP dans votre service ?

Les recours à des postes hors-statut ou à des prestataires tendent à se multiplier dans les services informatiques. En effet, 141 agents ont répondu par l’affirmatif sur la présence de personnels non DGFiP soit 33,3 %. Sur les 141 réponses positives, nous pouvons noter 78 réponses mentionnant la présence de contractuels (55,3 %). 44 réponses indiquent la présence de prestataires (31,2 %). Les 19 autres réponses (13,5 %) regroupent des apprentis, des étudiants en alternance, des vacataires…

Pour Solidaires Finances Publiques, il est indispensable de privilégier le recrutement par concours. Nous sommes opposés à tout recrutement de contractuels et à tout recours à des prestataires.

 

Exercez-vous votre métier en télétravail de manière total ou partiel ?

248 agents ont déclaré télétravailler au moins un jour par semaine (58,5 %)

176 agents ne déclarent aucune journée de télétravail (41,5 %)

218 agents déclarent être sur le « nouveau protocole » soit 87,9 %

30 agents étant en télétravail hors protocole (raisons médicales, covid…) soit 12,1 %

 

Détail :

1 jour pour 54 agents soit 21,8 %

2 jours pour 64 agents soit 25,8 %

3 jours pour 53 agents soit 21,4 %

4 jours pour 8 agents soit 3,2 %

5 jours pour 13 agents 5,2 %

56 agents déclarent avoir choisi l’option « jours flottants » soit 22,6 %

Une majorité d'agents déclare au moins une journée de télétravail

Si de manière globale, le nombre de jours de télétravail est assez bien réparti, on constate des spécificités liées au service. Ainsi, dans les services d’assistance, la grande majorité des agents déclare un seul jour de télétravail (+ de 50 % en CID, + de 46 % en SIL.). Les agents travaillant en AT seraient en revanche sur deux jours de télétravail. Mais le faible nombre de participants ne permet pas de conclure sur ce point.

À l’opposé les autres services (développement, exploitation, transverse…) sont majoritairement sur deux à trois jours de télétravail. Au niveau des services de développement, plus de 65 % des agents ont au moins deux jours de télétravail, plus de 71 % au niveau des services d'intégration, plus de 45 % dans les services d’exploitations et de directions.

31 agents ont eu des refus totaux ou partiels de télétravail. Près de 50 % des refus concernent des agents en charge de l’assistance.

 

Comment évaluez-vous la qualité de vos relations avec votre chef de service direct ?

Pour 159 participants, soit 37,5 % des agents elle est très bonne

Pour 165 participants, soit 38,9 % des agents elle est bonne

Pour 67 participants, soit 15,8 % des agents elle est moyenne

Pour 19 participants, soit 4,5 % des agents elle est mauvaise

Pour 14 participants, soit 3,3 % des agents elle est très mauvaise.

De manière globale les relations sont satisfaisantes (76,4 %)

 

Comment évaluez-vous la qualité du soutien que vous apporte votre chef de service dans le cadre de vos missions ?

Pour 107 participants, soit 27,8 % des agents le soutien est très bon

Pour 146 participants, soit 34,4 % des agents le soutien est bon

Pour 102 participants, soit 24,1 % des agents le soutien est moyen

Pour 39 participants, soit 9,2 % des agents le soutien est mauvais

Pour 30 participants, soit 7 % des agents le soutien est très mauvais.

 

Comment évaluez-vous la disponibilité de votre chef de service à votre égard ?

Pour 126 participants, soit 29,7 % des agents la disponibilité est très bonne

Pour 177 participants, soit 41,7 % la disponibilité est bonne

Pour 71 participants, soit 16,7 % la disponibilité est moyenne

Pour 34 participants, soit 8 % le chef de service est peu disponible,

Pour 16 participants, soit 3,8 % le chef de service n’est pas disponible

Sur ces deux derniers points, si de manière globale le soutien et la disponibilité des chefs de service sont bons, il demeure pour certains agents un manque certain et flagrant en ce domaine.

 

Comment évaluez-vous les marges de manœuvre dont vous disposez pour réaliser vos travaux ?

29 participants, soit 6,8 % des agents considèrent avoir de très bonnes marges de manœuvre

Elle est satisfaisante pour 163 agents soit 38,4 %

Elle est moyennement satisfaisante pour 137 agents soit 32,3 %

Elle n’est pas satisfaisante pour 73 agents soit 17,2 %

Elle est inexistante pour 22 agents soit pour 5,2 % des participants.

 

Est-ce que votre avis ou vos propositions sont pris en compte par votre supérieur hiérarchique ?

19 agents soit 4,5 % mentionnent que leurs avis sont toujours pris en compte par leur supérieur

149 agents soit 35,1 % estiment que leur avis est pris souvent en compte

161 agents soit 38 % estiment être écoutés de temps en temps

72 agents soit 17 % estiment cette prise en compte de manière rare

23 agents soit 5,4 % estiment n’être jamais entendus par leur supérieur hiérarchique

Au niveau des marges de manœuvre et de la prise en compte des avis par le responsable de service, on peut constater que des marges de progression existent clairement sur ces deux sujets.

 

Comment évaluez-vous la qualité des relations que vous entretenez avec les DDFIP / DRFIP pour le compte desquelles vous réalisez vos travaux ?  (Cette question était disponible uniquement pour les agents en CID).

28 agents soit 17,3 % des agents en CID considèrent avoir de très bonne relation avec les DRFIP/DDFIP.

70 agents soit 43,2 % considèrent que ses relations sont bonnes

45 agents soit 27,8 % considérés que ses relations sont dans la moyenne

14 agents soit 8,6 % qu’elles sont mauvaises

Et 5 agents soit 3 % qu’elles sont très mauvaises

De manière globale, une majorité d’agents déclarent avoir de bonne relation avec les DDFIP/DRFIP (plus de 60 %).

 

Comment évaluez-vous la qualité des relations que vous entretenez avec les bureaux des services centraux informatiques (MOE, MOA, Bureau d’études).

19 agents estiment avoir des relations très satisfaisantes soit 5,4 %

130 agents déclarent avoir des relations satisfaisantes soit 36,6 %

93 agents déclarent avoir des relations moyennement satisfaisantes soit 26,2 %

43 agents déclarent avoir des relations pas satisfaisantes soit 12,1 %

Et 70 agents disent avoir des relations inexistantes soit 19,7 %

Le résultat est plus mitigé en ce qui concerne les liens avec les services centraux ou à peine plus de 40 % des participants estiment avoir des relations satisfaisantes ou très satisfaisantes. À l’inverse, pour 38 % des agents le lien est moyennement satisfaisant, voir pas satisfaisantes du tout…dans tous les cas des marges de progression semble exister en ce domaine. Notons que 70 agents mentionnent n’avoir aucune relation avec les services centraux. Ce chiffre est à prendre avec réserve. En effet, il s'agit peut-être d'une mauvaise compréhension de la question.

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