SOLIDAIRES FINANCES PUBLIQUES

La Direction Générale ne s’en cache pas, elle doit faire des économies ! Depuis 2024 et la mise en œuvre du nouveau dispositif d’optimisation des dépenses et des achats, elle traque les postes budgétaires qui doivent être réduits prioritairement.

Après la réduction des dépenses d’affranchissements, qui a mis à mal nos procédures en limitant drastiquement le recours aux envois en recommandé avec accusé de réception, les directions étaient donc invitées à réfléchir sur les pistes d’économies à réaliser en fonction de leurs dépenses.

C’est ainsi que l’on apprend dans une note du 21/01/26 que 70 % des directions ont choisi de s’attaquer au poste frais de déplacement ! Rendez-vous compte, cela représentait en 2024 53M€ soit 6 % des dotations globales de fonctionnement !

Comme l’écologie a bon dos, on nous indique que faire des économies sur ce poste permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre, les frais de déplacements représentant 9 % de ceux-ci.

Des Situations ubuesques !

Certaines directions locales ont une lecture particulièrement abusive de la note. Elles imposent des conditions drastiques et dénuées de bon sens pour la prise en charge des remboursements des frais de déplacement, aboutissant à des situations ubuesques !

Ici les agents renoncent à une formation parce que leurs nuitées ne seront pas prises en charge et se voient contraints à effectuer plusieurs aller-retours, alors qu’ils doivent effectuer plus de 2h30 de trajet aller.

Quid des risques d’absence des formateurs et formatrices, voire des membres de jury ? Où sont passés les beaux discours sur la réduction de l’émission de gaz à effet de serre ? C’est une preuve de plus que le respect de l’écologie n’est, pour l’administration, qu’un prétexte pour éviter de rembourser les collègues !

Là, ce sont les vérificateurs qui sont tenus d’utiliser le parc automobile de la Direction en l’absence de transport en commun, avec une utilisation du véhicule personnel non défrayée s’ils ne s’y soumettent pas. Or, chacun sait que c’est une organisation très lourde à mettre en place avec son lot de contraintes ! Doivent-ils renoncer au contrôle sur place sous peine d’en être de leur poche ?

Ce sont également des collègues EDR assignés au travail à distance ou au télétravail impliquant une réelle perte de sens de leur travail, voire dont le statut et les missions sont menacées.

Heureusement que la note de service de la DG précise : « Afin de réduire, dès 2026, les frais de déplacement liés aux missions et aux formations, tout en veillant à garantir la sécurité et les conditions de travail des agents... »

 La contrainte budgétaire dicte tout

Ce serait désormais la contrainte budgétaire qui dicterait quelles formations suivront les agents, quelles missions ils réaliseront ou abandonneront ! Cerise sur le gâteau, ce sont les personnels du BIL, chargés de refuser les remboursements de frais, qui se font houspiller, poussés à être intrusifs, demandant aux collègues de justifier leur indisponibilité pour aller à une session de formation à telle date, parce qu’il faut absolument choisir le stage situé au plus près de chez soi.

Les agentes et agents n’effectuent certainement pas des déplacements professionnels pour leur plaisir, mais bien pour exercer correctement leur mission, ce dont la DGFiP a l’air de douter !

Pour Solidaires Finances Publiques, rien ne peut justifier que nos formations professionnelles et les conditions d’exercice des missions soient mises à mal pour des raisons budgétaires !