Le premier Comité Social d'Administration de Réseau (CSAR) de l'année 2026 s'est tenu le lundi 16 février. Au vu du contexte et de la crise majeure actuelle suite à l'indisponibilité d'Hélios, Solidaires Finances Publiques a décidé de sièger afin de défendre partout et à tous les niveaux les agentes et agents et l'ensemble de nos missions.
Déclaration liminaire
Madame la présidente,
Ce CSAR se déroule quelques semaines après l’adoption par 49-3 de la loi de Finances 2026. Certes, la copie finale est moins violente pour la majorité de la population que le projet initial présenté le 15 juillet, mais cette loi de finances s’inscrit dans la continuité des précédentes : la réduction des dépenses publiques et la continuité de la politique de l’offre. En un mot, la loi de finances 2026 sert encore et toujours les intérêts d’une minorité au détriment de l’intérêt général. Quant aux aspirations du plus grand nombre pour la justice fiscale, sociale et environnementale, le gouvernement une fois encore leur tourne le dos, y compris quand des anciens ministres de l’Économie indiquent que les milliardaires échappent à l’impôt grâce à une optimisation agressive.
Concernant la DGFiP, cette loi de finances apporte une nouvelle fois son lot de 550 suppressions d’emplois, qui vont encore impacter très fortement l’exercice de nos missions et les conditions de travail de l’ensemble des agentes et agents. Et force est de constater que votre nouvelle modalité de pilotage des emplois et des effectifs est magique, à plus d’un titre, au regard des documents fournis pour ce CSAR. En effet, outre le fait que les postes vacants disparaissent, ce sont désormais les 550 suppressions d’emplois qui sont effacées dans vos documents, puisque nous n’avons plus la déclinaison par directions ni par grades. Votre message est donc clair : circulez, il n’y a plus rien à voir !
Mais ce CSAR se déroule également dans un contexte de crise majeur pour notre administration, avec l’indisponibilité d’Hélios due à un problème de matériel qui a corrompu les données. Pour Solidaires Finances Publiques, cette crise montre concrètement les conséquences des politiques budgétaires d’austérité sur notre administration. Faute de moyens alloués, mais aussi de choix stratégiques, aucune redondance n’a été mise en place alors que notre syndicat, depuis de nombreuses années, le demandait pour justement faire face à de tels événements. Et, aujourd’hui, qui va payer les pots cassés de tels choix ? Les agentes et agents de la sphère informatique, du Service Public Local, les collectivités territoriales, le Service Public Hospitalier et les particuliers. En un mot, c’est notre service public de qualité et notre technicité technicien qui sont fragilisés.
Dans cette situation, certains responsables de services, heureusement fort peu nombreux, ont une fois encore été ingénieux en imposant des congés aux collègues. Et vous, alors que vous nous indiquez régulièrement que vous ne pouvez pas donner d’instructions nationales concernant la vie quotidienne des agentes et agents, vous venez d’interdire la possibilité d’Autorisations d’Absences exceptionnelles pour les agentes et agents concernés. Ceci, alors même que ces derniers vont, dans les prochains jours et pour plusieurs semaines, être confrontés à une surcharge de travail considérable pour rattraper le retard. Sachez que les agentes et agents apprécient grandement votre générosité !
Nous profitons de ce CSAR pour, une fois encore, vous alerter sur le traitement de certaines fiches de signalement très problématiques. Alors que vous indiquez n’avoir aucune tolérance à l’égard des violences sexistes et sexuelles ou des propos racistes, Solidaires Finances Publiques constate avec effroi qu’il n’en est rien lorsque ces fiches impliquent des agents de certains grades et, là aussi, comme par magie, ces fiches de signalements disparaissent.
Par ailleurs, nous insistons également, à nouveau, sur le fait que la souffrance au travail à la DGFiP est grandissante et qu’elle est de plus en plus liée à un management toxique dans un certain nombre de services.
Pour terminer, une question. Pouvez-vous nous dire quel est l’objectif des groupes de travail mis en place ? Car si le but est de nous faire perdre notre temps, sachez que vous y réussissez parfaitement, l’exemple du dernier GT concernant l’avenir de la relation conventionnelle entre la DGFiP et la Caisse des Dépôts et Consignations est à ce titre caricatural !
Compte-rendu
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