Un GT SPL s'est tenu le 19 février 2026.
Crash Hélios, la direction générale aveuglée ! déclaration liminaire du GT SPL du 19 février 2026
...
Nous nous retrouvons aujourd’hui pour aborder les sept points restants du groupe de travail du 12 novembre 2025. Nous vous rappelons que nous n’avions seulement pu traiter que les deux premiers.
Alors que nous avions déjà souligné fortement la très grande légèreté des documents joints au groupe de travail précédent, vous récidivez avec les mêmes fiches. Sans le moindre changement.
Où sont les annexes d’Hélios 2 mentionnées par vos équipes la dernière fois ? Vous n’avez toujours pas réussi à les scanner ?
Une petite formation bureautique – dans le cadre de l’acculturation numérique – s’imposerait-elle ?
Cependant, les points à l’ordre du jour ne sont plus du tout la priorité de ce groupe de travail, car un accident majeur a bouleversé notre mission ces derniers jours, avec l’indisponibilité d’Hélios due à un problème de matériel qui a corrompu les données.
Comment expliquer qu’un simple incident matériel entraîne une crise majeure pour cette mission ?
Où est la maîtrise des risques si chère à vos yeux et constamment mise en avant dans les directives que vous adressez au réseau ?
La réponse se trouve sûrement dans votre incapacité à anticiper la moindre défaillance, car votre priorité reste toujours l’austérité budgétaire. Pourtant des solutions vous sont proposées par Solidaires Finances Publiques depuis plusieurs années déjà, comme l’instauration d’une redondance informatique.
Mais vous avez fait le choix stratégique de ne pas y répondre et force est de constater l’insuffisance des moyens alloués.
Nous devons le rétablissement de l’applicatif, uniquement à la technicité et l’investissement exceptionnel de nos informaticiennes et informaticiens. Alors qu’ils sont de moins en moins nombreuses et nombreux, elles et eux aussi sacrifiés par vos choix budgétaires. Peut-être serait-ce un bon début de commencer par les remercier et les féliciter, pour leurs actions lors de ces derniers jours, avec un message sur Ulysse. Cela permettrait aussi de les dédouaner de toute faute auprès des agentes et des agents du secteur SPL.
Revenons maintenant sur le déroulé de la panne et de sa résolution.
Hélios ne répond plus sur l’ensemble des serveurs de Metz, le jeudi 5 février dans la matinée.
Que faites-vous ? Rien pendant 4 jours si ce n’est changer tous les jours, la date de reprise sur la météo du tatoo.
Premier indice d’absence de pilote dans l’avion.
La Direction Générale a attendu l’interpellation de notre syndicat – mardi 10 février – pour informer de manière floue et incomplète les agentes et les agents de cette situation et pour réunir en urgence un CODIR.
Deuxième indice.
Le grand n’importe quoi et les disparités en fonction des directions locales… Et là, tout s’enchaîne : fake-news sur NOVAE qui devient le plus grand recueil d’inepties et de conseils contradictoires ajoutant à la confusion, directives autoritaires et illégales (congés obligatoires, par exemple), message contradictoires dans les directions, empressement à trouver de la main d’œuvre, par n’importe quels moyens et sans se soucier, à aucun moment, de la RGP…
Il a même émergé de cette situation d’urgence des propositions d’embauches d’auxiliaires pour passer les relevés de la banque de France à la reprise d’activité, démontrant une fois de plus l’ignorance de la réalisation de nos missions par la hiérarchie.
Évocation étonnante du paiement d’heures supplémentaires avant un rétropédalage discret.
Le seul début de pilotage remarqué à ce moment-là, réside dans l’interdiction d’accorder des Autorisations d’Absences exceptionnelles pour les agentes et agents concernés.
Troisième indice.
Vous vous décidez enfin à communiquer avec les élus et le réseau. Et là, comment dire… on en reste toujours perplexe !
Curieusement le sujet de la prise en charge des millions d’intérêts moratoires à venir et des pénalités de retard des intérêts d’emprunts ne relevant pas du débit d’office a été omis de votre communication officielle. Pourtant la question a déjà été posée à juste titre à l’Assemblée nationale.
Quel coût pour l’État ? Vous excellez dans la maîtrise des risques et la gestion budgétaire !
Une foire aux questions, en 4 actes, dont certains passages révèlent une incompétence dans la pratique de notre métier et un mépris pour notre mission !
Quelques exemples :
- Sur la page d’accueil de D2C, le 10 février, il est inscrit : « À la réouverture progressive d’Hélios, les postes comptables seront invités, dans D2C, à rattraper la comptabilisation des opérations et des arrêtés comptables au fil de l’eau ».
- Sur la mise à jour du 16 février de la foire aux questions envoyée au réseau le 17 février à 9h42, il est inscrit : « La procédure de reprise Hélios / D2C est en cours de finalisation. Une information dédiée sera transmise le 17 après échanges avec le bureau 2FCE 1B ».
- Sur la mise à jour de la FAQ du 17 février envoyée au réseau le 17 février à 16h36, il est inscrit : « Il n’est pas préconisé de rattraper les opérations journée comptable par journée comptable. Aussi la prochaine journée comptable devra être, après clôture de la date du 05/02, la date du jour calendaire dans les deux applications HÉLIOS et D2C ».
Comment expliquez-vous l’envoi d’un message contenant des consignes contradictoires sur le déroulé de l’arrêté comptable lors de la reprise ?
Pire, comment expliquez-vous l’envoi d’un message avec une absence de consignes après la clôture de la première journée de reprise ?
Et pour couronner le tout, comment expliquez-vous l’envoi de la consigne définitive après la clôture de la deuxième journée comptable ?
Autre exemple :
À la question trois de la foire aux questions, vous écrivez : « Si la collectivité s’oriente vers une reprise anticipée des résultats, les textes prévoient un visa du comptable sur la fiche de calcul des résultats prévisionnels et le tableau des résultats d’exécution du budget établis par l’ordonnateur. Il est important de noter que ce dernier, via son progiciel financier, peut établir de façon autonome ces documents, sans intervention du comptable et qu’il s’agit de la procédure standard mise en œuvre tous les ans. En revanche, contrairement à ce qui est demandé par les textes, ce dernier ne se trouve pas aujourd’hui en mesure de vérifier l’adéquation avec les informations issues d’Hélios et de transmettre la balance établie après prise en charge du dernier bordereau de titres et de mandats. Cette étape formelle peut être rattrapée a posteriori en corrigeant le montant après l’adoption du CFU via la première décision budgétaire exécutoire (article L 1612-32 du CGCT). »
Ce passage nous heurte profondément, car l’obligation faite de passer par le visa du comptable pour valider la balance de l’ordonnateur est annulée et remplacée par une correction à posteriori du compte financier unique (CFU), ce par une décision modificative.
L’obligation est annulée par quel texte ? de quel droit ? La DGFiP autorise l’ordonnateur à valider des résultats qui peuvent être totalement erronés ! Que faites-vous de la sincérité des comptes, surtout dans la période de la campagne des municipales ?
Remettre en cause dans la panique, un pilier majeur de notre mission de contrôle, pendant un rendez-vous essentiel de notre démocratie est une faute grave ! Et elle dévalorise notre mission de service public auprès des collectivités locales.
Quatrième indice.
Les remontées du réseau depuis lundi démontrent encore une absence totale de plan de reprise d’activité digne de ce nom.
Une réflexion a-t-elle seulement eu lieu, sur les modalités de cette reprise, sur les contraintes applicatives liées aux dates des différents flux à traiter… ? Des tests de fonctionnement ont-ils été effectués, avant la réouverture ? Le silo de données Atlas va-t-il tenir face à la forte sollicitation attendue ? Résoudre le problème ne réside pas juste dans le fait de ré-ouvrir l’application, mais il s’agit bien de la remettre en fonctionnement, dans de bonnes conditions, y compris dans le cadre des consignes organisationnelles.
Aujourd’hui, il serait de bon ton de remonter à bord et de reprendre le contrôle de l’appareil.
Les agentes et les agents, ainsi que la mission ont besoin d’un soutien de très haut niveau par rapport à la gigantesque surcharge de travail et cette pression qui ne manquera pas de s’intensifier, de la part des élus, devant l’incapacité à répondre à leurs demandes dans une période si importante pour eux.
Lors du dernier GT, nous pointions déjà la perte de sens au travail et la dégradation des conditions de travail des agentes et agents des SGC. Entre-temps, vous poursuivez cette dégradation avec l’arrêt programmé de l’encaissement industriel des chèques.
Aujourd’hui, ce nouvel épisode accentue cette dégradation et fragilise un peu plus les services.
Solidaires Finances Publiques n’acceptera jamais que les agentes et agents soient sacrifiés à cause de l’impéritie de la direction générale.
Car aujourd’hui, qui va payer les pots cassés de tels choix ? Les agentes et agents de la sphère informatique, du Service Public Local, les collectivités territoriales, le Service Public Hospitalier et les particuliers... En un mot, c’est notre service public de qualité et notre technicité qui sont mis à mal.
La DG démontre son incapacité à maîtriser les risques stratégiques, alors qu’elle serine constamment le réseau par l’emploi de cette formule.
Il est temps de changer de politique et de donner enfin les moyens humains et matériels nécessaires au bon fonctionnement de notre mission, de la prendre enfin au sérieux.
Mission qui, de par cette panne, a redémontré la place centrale qu’elle occupe dans la société.
Cette crise majeure doit servir d’électrochoc et occasionner une prise de conscience quant à dévier de la trajectoire mortifère de cette politique austéritaire qu’exerce la DGFIP.
Solidaires Finances Publiques exige un pilotage différent et l’obtention définitive des moyens qui permettront aux agentes et agents de remplir dignement leur mission de service public.