Banques : et si on causait intérêt général !

La crise du Covid-19 nous aura appris une chose, le secteur bancaire est porteur de missions essentielles pour la collectivité, une notion que les dirigeants des banques, depuis la Banque de France jusqu’aux membres de la Fédération Française des Banques ont une fâcheuse tendance à oublier. Les activités d’intérêt général ont, par la force des choses, primé sur les activités commerciales. Il s’est agi de répondre au plus grand nombre, des plus défavorisés aux plus éloignés des agences bancaires et autres bureaux de poste en passant par celles et ceux qui souffrent de la fracture numérique.
Derrière ces activités essentielles, il y a des femmes et des hommes, au guichet en face à face, en back office au bout du fil pour d’indispensables relations humaines, à l’approvisionnement des distributeurs automatiques comme à l’impression et à l’acheminement des billets, un corps social qui a assuré et assure la continuité du service, qui a pris et prend des risques, a fortiori dans la période de déconfinement qui s’ouvre.

Pour tous ces agent•es et salarié•es investis dans leurs missions, qu’ils soient au contact des usager•es et client•es ou confiné•es, auprès de leurs enfants, parents ou en raison de leur santé, les applaudissements ou des louanges que leurs directions leur prodiguent généreusement ne suffisent plus. Il est question de rémunération au juste prix de l’activité, du service rendu. Nous ne parlons pas d’une prime éphémère axée sur des objectifs plus que discutables. Nous parlons d’une véritable revalorisation des salaires fixes des métiers bancaires, où la notion de rémunération variable disparaitrait au profit d’un meilleur salaire brut mensuel. Fini également, les rémunérations indécentes de la profession. Pour une société plus juste et solidaire, le retour au sérieux et à la modération salariale pour les dirigeants est fondamental.
Il est aussi question de leur sécurité dans une fin de confinement dont les contours restent extraordinairement flous, avec des raisons légitimes d’aller ou de retourner au travail avec la peur au ventre, dans les transports en commun, au contact avec la clientèle et les usager•es, à l’heure du repas. Pour l’Union syndicale Solidaires, le sujet ne fait pas de débat, si la continuité de service passe après la sécurité des personnels, le droit de retrait reste un outil à disposition du salarié lorsque celui-ci pense légitimement qu’il ne travaille pas en toute sécurité (nos consignes et pratiques en lien https://solidaires.org/Fiche-no-6-Droit-de-retrait-et-droit-d-alerte ).

Au-delà, il faudra bien repenser la banque, son utilité, ses usages, un vrai débat qui devra s’engager sur les besoins réels de la collectivité et les réponses que le secteur bancaire doit leur apporter, sans laisser personne au bord du chemin. Un débat qui doit rassembler les usagers, les collectivités et les salarié•es, un débat qui devra nécessairement s’abstraire de la pression des marchés financiers et du patronat bancaire qui reste décidément sur un modèle de pensée périmé !

Communiqué Solidaires banques

A la veille des annonces du Premier Ministre concernant le « déconfinement progressif », les organisations syndicales et de jeunesse exigent que priorité absolue soit donnée à la santé et aux moyens pour vivre des travailleur-ses et de l’ensemble de la population. La pandémie est loin d’être sous contrôle et la communauté médicale et scientifique craint une “deuxième vague”. Dans les conditions actuelles de l’épidémie, faire primer l’économie sur la santé est inacceptable.

Les organisations rappellent que les employeurs ont des obligations en matière de santé et de sécurité au travail. Elles doivent plus que jamais être totalement respectées tout comme le rôle de contrôle plein et entier que doit pouvoir jouer l’inspection du travail.

Or, d’une part, de trop nombreu-ses salarié-es ne sont pas encore équipé-es du matériel de protection nécessaire dans les entreprises et les services où l’activité s’est maintenue. Nous exigeons que cette condition soit réunie au plus vite, sans quoi l’activité ne peut continuer. D’autre part, le 1er ministre doit être ferme et explicite : le travail ne peut pas reprendre si les conditions les plus strictes ne sont pas réunies dès le 11 mai.

Le Premier Ministre doit annoncer un cadre clair pour que les salarié-es ne soient pas confronté-es à des demandes et des injonctions contradictoires de la part des employeurs.

Cela implique la nécessité de consulter au plus vite les instances représentatives des personnels, seules à même de déterminer des conditions satisfaisantes de la reprise. Or, avec des délais raccourcis de consultation des CSE et des CHSCT non réunis à tous les niveaux et dont la disparition reste programmée dans la Fonction publique, nos organisations constatent que les représentant-es du personnel sont encore trop souvent écarté-es des décisions majeures concernant l’organisation du travail.

Le gouvernement a confirmé, en dépit des préconisations de son comité scientifique, la réouverture progressive des crèches et des écoles puis des collèges dès le 11 mai, renvoyant la décision pour les lycées à fin mai.

La reprise scolaire envisagée par le gouvernement repose sur un éventuel volontariat des familles ce qui contrevient aux objectifs du système scolaire. De plus, beaucoup d’entre elles, du fait de l’annulation des mesures de chômage partiel ou des régimes d’autorisation d’absence dans la Fonction publique, subiront des pressions économiques les contraignant à envoyer leurs enfants à l’École ce qui annule de fait tout volontariat !
Cela menace du coup plus particulièrement les femmes qui sont encore largement majoritaires à s’occuper des enfants, et dont le travail est moins rémunéré.

Nos organisations demandent au gouvernement de renoncer à imposer ces réouvertures. A l’école comme ailleurs, elles s’opposent à toutes tentatives de pression sur les personnels.

La fin d’année scolaire ne pourra pas se dérouler normalement et il faut mettre fin à la pression insupportable sur les élèves, étudiant-es que fait peser le manque de clarté sur l’organisation des examens.

Aussi, La reprise de l’activité va induire une forte augmentation de la fréquentation des transports publics rendant impossible tout respect de la distanciation nécessaire. Les organisations appellent donc à une limitation importante des déplacements et demandent, du fait de l’obligation de leur port dans les transports, que des masques soient mis à disposition gratuitement et distribués par l’Etat sur tout le territoire.

Enfin, la période a été marquée par une aggravation des inégalités à laquelle le gouvernement ne répond pas suffisamment. Les aides de 200 euros pour les jeunes les plus précaires sont à mettre à l’actif de la mobilisation des organisations étudiantes mais ne suffisent malheureusement pas à répondre à l’urgence. Elles doivent être augmentées, versées dans la durée et toucher un public plus large. L’accès du RSA aux moins de 25 ans devient par ailleurs une nécessité.
Un plan immédiat et massif de mesures et d’aides sociales, prenant en compte la question de l’insertion professionnelle des jeunes, avec déploiement de moyens conséquents, doit être mis en place pour répondre aux besoins vitaux d’une partie de la population qui se retrouvent avec peu ou sans ressources.

La réforme de l’assurance chômage doit être abandonnée immédiatement et définitivement, elle ne fait qu’aggraver la situation de millions de personnes privées d’emploi.

Le gouvernement a débloqué des centaines de milliards d’euros pour aider les entreprises et ce sans contrepartie, il est temps qu’il annonce des centaines de milliards pour les travailleur-ses, les privé-es d’emploi et ceux et celles en grande précarité, les étudiant-es, les jeunes et les plus ancien-nes. Nous attendons donc du Premier Ministre qu’il annonce un plan global de lutte contre les nombreuses inégalités liées notamment au chômage, aux loyers, à l’accès à l’alimentation et aux bas salaires.

Communiqué intersyndical déconfinement

Pour sortir de la crise sanitaire, Edouard Philippe a présenté un plan de déconfinement concocté de toute évidence dans le cercle restreint du conseil de défense assisté de son comité scientifique. D’où le fait que passé le cadre fixé autour des mots concepts comme « se protéger », « progressivité » et « géographique », c’est largement le flou qui prédomine.

Le 1er mai, nous ne pourrons pas manifester dans la rue. Pourtant nos revendications, nos solidarités, nos déterminations à conquérir et construire un monde plus juste et solidaire demeurent.

Nous pouvons nous faire entendre autrement !